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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/02/17 à 14:49 - Mise à jour à 14:49

"Encore 300 fois dormir et on sera débarrassé des partis extrêmes"

Le moins que l'on puisse dire aujourd'hui, c'est que les citoyens ont perdu confiance dans leurs dirigeants politiques.

"Encore 300 fois dormir et on sera débarrassé des partis extrêmes"

© Image Globe

La voix des dirigeants est désormais inaudible du fait de certains scandales, certes minoritaires, mais qui, hélas, jettent l'opprobre sur l'ensemble du personnel politique. Le résultat en est que ce sont les partis extrêmes qui en profitent. En Wallonie, c'est l'extrême gauche avec le PTB. En France, c'est l'extrême droite avec le Front National. Bien entendu, les deux ne sont pas exactement comparables. L'extrême gauche véhicule une utopie, alors que l'extrême droite véhicule souvent la haine de l'autre. Mais au final, sur le plan économique, c'est dans les deux cas le désastre, comme l'histoire a déjà pu le démontrer à maintes reprises.

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Extrême droite ou extrême gauche, sur le plan économique, c'est dans les deux cas un désastre

La bonne nouvelle, c'est qu'il faut tenir jusqu'en 2018, 2020 au plus tard, pour enfin voir nos problèmes être réglés. En effet, une étude menée par trois chercheurs allemands sur vingt pays industrialisés entre 1870 et 2014 montre que la confiance entre le peuple et ses élites politiques se détruit surtout après une crise bancaire. En effet, ces chercheurs ont constaté qu'après une crise normale, une récession, les citoyens ont tendance à se rallier autour du gouvernement et des partis en place. La crise économique est souvent interprétée comme un coup du sort, ou quelque chose qui est imputable à un événement externe comme la hausse du prix du pétrole dans les années 70 et 80. Mais quand c'est une crise bancaire, alors là, ce n'est plus la même attitude.

La crise financière est vue ou perçue par les citoyens comme le résultat d'erreurs politiques ou d'une insouciance morale. La crise financière est donc inexcusable aux yeux des citoyens, car ils pensent qu'elle aurait pu être évitée. En d'autres mots, la faillite d'une usine détruit des emplois, hélas, et provoque des ressentiments, mais la faillite d'une banque détruit la confiance dans le système, ce qui est pire encore. Et puis, la crise financière crée d'office une tension entre ceux qui doivent de l'argent et ceux qui ont prêté de l'argent. D'où la fuite d'une partie de la population vers les partis extrêmes !

Mais l'autre découverte de cette étude universitaire, c'est que les effets d'une crise financière ne durent pas plus de 10 ans en moyenne. C'est sans doute le temps nécessaire pour que la fatigue s'empare de la génération prête à voter pour les extrêmes... Si on part du principe que l'actuelle crise financière a démarré en 2008, on devrait être quitte des partis extrêmes en 2018 au plus tard. Allez, encore 300 fois dormir avant de revenir à notre bonne vieille routine démocratique !

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