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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/09/14 à 10:24 - Mise à jour à 10:24

En tant que Belges, nous sommes concernés au premier rang par la question écossaise

Demain, l'Europe aura les yeux rivés sur le scrutin relatif à l'indépendance de l'Ecosse. Si elle se vérifie, l'indépendance de l'Ecosse aurait des conséquences politiques et économiques très importantes. En tant que Belges, nous sommes concernés au premier rang.

En tant que Belges, nous sommes concernés au premier rang par la question écossaise

© Belga

Qu'on le veuille ou non, si le "oui" à l'indépendance de l'Ecosse devait l'emporter cela donnerait des idées à toutes les régions d'Europe qui veulent prendre le large par rapport à leur Etat national.

La plupart du temps, à côté des motivations historiques, culturelles ou linguistiques, la motivation principale, il faut bien l'avouer, c'est surtout le porte-monnaie. Si les Ecossais veulent tellement leur indépendance aujourd'hui, c'est qu'ils pensent qu'ils pourraient mieux gérer leurs réserves de pétrole que le gouvernement central de Londres. Il ne faut pas oublier que 90% des réserves de pétrole du gouvernement anglais se trouvent dans les eaux territoriales écossaises.

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En tant que Belges, nous sommes concernés au premier rang par la question écossaise

Les Ecossais pensent que grâce à la manne du pétrole, ils pourront avoir un gouvernement plus social et donc ne plus subir la politique d'austérité mise en place par le gouvernement de Londres. Au nord de notre beau pays, le discours de la N-VA a également consisté à dire que ce "que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux" même si des études universitaires flamandes ont exactement démontré le contraire.

Pour le reste, l'autre grande inconnue du scrutin écossais, c'est qu'elle sera la monnaie choisie si l'Ecosse est indépendante ? Les indépendantistes voudraient garder la livre sterling, mais Londres leur a déjà dit qu'il n'en était pas question. L'Ecosse indépendante pourrait également choisir une nouvelle devise, mais alors les particuliers et les entreprises qui sont en commerce quotidien avec le Royaume-Uni seraient pénalisés dans leurs transactions et auraient des coûts supplémentaires de change. Ce n'est donc pas l'option idéale. Reste alors une troisième direction, choisir l'euro. Si c'est l'option choisie, l'Ecosse devrait d'abord demander son adhésion à la zone euro, et elle devrait s'engager à respecter certains critères financiers avant d'être acceptée au sein de la zone euro. Mais ce serait assez paradoxal : d'un côté les Ecossais veulent se libérer de la tutelle de Londres, mais leur politique monétaire serait guidée alors par la BCE à Francfort. Cela n'aurait aucun sens. Voilà pourquoi tout le monde est nerveux à la veille de ce scrutin. La vérité c'est qu'il n'y a pas de plan B, pas de plan de secours si les Ecossais disent "oui" à leur indépendance. Plus qu'une fois dormir avant le soulagement ou... le stress intégral.

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