"Di Rupo croit en la fin du monde pour 2012 !"

20/02/12 à 14:17 - Mise à jour à 14:17

Source: Trends-Tendances

Les écologistes dénoncent avec ironie le manque de vision du gouvernement Di Rupo. Et font l'exercice de reprendre la note budgétaire de novembre. Résultat : plus de 2 milliards d'euros "sans viser ceux qui ne sont en rien responsables des problèmes dans lesquels nous sommes". Revue de détail.

"Di Rupo croit en la fin du monde pour 2012 !"

© Image Globe

La note budgétaire déposée par le Premier ministre en novembre dernier "était meilleure que celle de décembre", affirme Olivier Deleuze, leader (Ecolo) de l'opposition francophone à la Chambre, dans une interview accordée au quotidien Metro. "J'ai l'impression que Di Rupo suit le calendrier maya et croit en la fin du monde à la fin de cette année !", ironise Wouter Van Besien, président de Groen, dans les colonnes du quotidien gratuit, critiquant ainsi le manque de vision de la majorité.

"Nous avons calculé la différence entre les recettes prévues en novembre et celles prévues en décembre, prolonge Olivier Deleuze. Si je fais la somme de ces mesures-là, précompte mobilier (300 millions), impôt sur le patrimoine (266 millions), taxe plus-value IPP (50 millions), taxe sur les billets d'avion (50 millions), intérêts notionnels (1 milliard), plus-value Isoc (170 millions), régimes définitivement taxés (170 millions), j'arrive à 2 milliards en faisant seulement la différence entre la note Di Rupo de novembre et celle de décembre. Ainsi, vous ne visez pas ceux qui ne sont en rien responsables des problèmes dans lesquels nous sommes !"

Le député Ecolo détaille les points majeurs de "son" budget dans les pages de Metro. En voici l'essentiel.

Augmenter la TVA : "Inutile. Si vous touchez au pouvoir d'achat des plus pauvres, de ceux qui ne peuvent pas épargner, la demande intérieure va diminuer."

Réviser les intérêts notionnels : "Ils sont à réviser, bien entendu. Ils ont été légèrement diminués par le gouvernement Di Rupo. OK, mais ils pourraient l'être à nouveau de manière plus intelligente. Selon nous, les intérêts notionnels doivent être liés à l'emploi. Nous avons déposé une proposition de loi en ce sens. Ainsi, les PME doivent bénéficier davantage de taux meilleurs que les grosses boîtes. Actuellement la différence est de 0,5 %. Ensuite, il faut diminuer globalement les intérêts notionnels, ce qui permet de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Enfin, on pourrait à l'inverse majorer les intérêts notionnels si l'on investit dans la recherche et développement. Si l'on prend ces mesures, on peut trouver un milliard."

Nouvelle amnistie fiscale : "Je m'étonne que certains ressortent cela dans la presse. Aujourd'hui, il existe déjà une DLU permanente ! C'est un système structurel qui s'appelle procédure de régularisation fiscale permanente. Elle rapporte 60 millions d'euros par an, ce n'est rien du tout. A l'époque de la DLU, des sanctions étaient prévues si l'on ne rapatriait pas son argent. Aujourd'hui, ces sanctions sont levées. Si l'on veut que l'Impôt des personnes physiques soit payé justement, il faut aller voir les paradis fiscaux et s'y attaquer. Cela se fait pour l'Impôt des sociétés. Quand des transferts d'argent ont lieu vers certains pays, la banque doit avertir l'administration fiscale. Nous pensons qu'il faut instaurer le même système pour le particulier."

Taxe sur les plus-values des actions : "Ici aussi, je compare la note Di Rupo de novembre et celle de décembre. Je constate que, pour le précompte mobilier, on prévoyait d'abord une rentrée d'un milliard. Finalement, elle n'est que de 783 millions d'euros. Il y a donc environ 300 millions d'euros à prendre."

Taxe sur les transactions financières : "Mais cela existe déjà ! Nous avons une taxe sur les opérations de Bourse dont les taux varient de 0,10 % à 0,65 % en moyenne. Une augmentation de 50 millions d'euros est même prévue en augmentant un peu les taux. Nous sommes totalement favorables à ce que ces taux soient davantage augmentés."

Prix de l'énergie : "Je partage l'objectif de diminuer le coût de l'énergie dans l'économie belge. Mais la priorité doit être dans la diminution de la consommation et ce, pour deux raisons : on a plus de maîtrise sur ce que l'on consomme que sur le prix du baril de pétrole ; cela diminue la pression sur les salaires dans les coûts de production." Quant à limiter les prix s'ils s'avèrent trop élevés par rapport à nos voisins, "c'est une bonne idée mais elle est insuffisante. Cette mesure évite les augmentations de prix induels mais cela reporte le vrai problème à plus tard. Nous avons très peu d'influence sur le prix du kWh d'électricité ou sur la molécule de pétrole. Il vaut mieux travailler sur notre consommation."

Impôt minimal des sociétés : "A ce sujet, nous plaidons pour que le gouvernement réexamine les dispositions qui se trouvaient dans la note de novembre dernier."

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