Deux émissaires grecs à Bruxelles pour entendre "les idées des créanciers"

08/06/15 à 11:14 - Mise à jour à 15:48

Source: Belga

Deux émissaires du Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le chef de file des négociations politiques Euclide Tsakalotos, sont à Bruxelles lundi pour évaluer "les marges" en vue d'un éventuel accord avec les créanciers, UE et FMI, a indiqué lundi le porte-parole du gouvernement grec.

Deux émissaires grecs à Bruxelles pour entendre "les idées des créanciers"

/ © Reuters

"Les négociations continuent a Bruxelles au niveau politique pour voir quelles sont les marges en vue d'une solution commune (...) La mission aura des propositions concrètes", a déclaré Gabriel Sakellaridis. Il a annoncé le déplacement à Bruxelles de Nikos Pappas, ministre d'Etat et bras droit d'Alexis Tsipras, du ministre adjoint aux Affaires Etrangères, Euclide Tsakalotos, également chef de file des négociations politiques, et d'autres experts du gouvernement.

La délégation grecque est "allée pour discuter" avec les créanciers, UE et FMI, sur la base de la proposition grecque. "Nous attendons des idées des créanciers", a indiqué à l'AFP une source grecque à Bruxelles.

Une rencontre entre Alexis Tsipras, la chancelière Angela Merkel et le président français François Hollande doit avoir lieu mercredi en marge d'un sommet européen consacré à la coopération avec les États latino-américains, a affirmé M. Sakellaridis. Ce rendez-vous, non confirmé par les partenaires de la Grèce, doit constituer une "étape importante", dans les discussions marathon que mènent les deux parties depuis des semaines, et qui se sont intensifiées ces derniers jours, selon M. Sakellaridis.

Un "simple entretien"

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble devait par ailleurs rencontrer lundi à Berlin son homologue grec Yanis Varoufakis, de passage en Allemagne pour participer à une table ronde, a indiqué le ministère allemand.

La rencontre devait avoir lieu "dans la matinée", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère allemand des Finances, ajoutant qu'il s'agissait d'un "simple entretien". Aucune rencontre avec la presse n'est prévue.

En revanche, aucune entrevue n'est à l'agenda entre M. Varoufakis et le ministre allemand de l'Économie Sigmar Gabriel, contrairement à des informations en ce sens diffusées fin mai par le gouvernement grec, a fait savoir le ministère allemand de l'Economie.

M. Varoufakis doit participer à un débat organisé dans la soirée dans la capitale allemande par la fondation Hans-Blöckler, proche du DGB, la Confédération allemande des syndicats, alors que s'achèvera un sommet du G7 au château d'Elmau en Bavière (sud).

La Grèce négocie depuis des mois avec la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), qui lui réclament des réformes structurelles en échange de milliards d'euros d'aides financières.

Celles-ci sont cruciales alors que les caisses de la Grèce sont vides et que le pays fait face à des échéances de remboursement pressantes. Athènes compte sur des versements de 7,2 milliards d'euros de ses partenaires pour les honorer, dont 1,6 milliard d'euros dus au FMI ce mois-ci.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a rejeté vendredi les propositions des institutions --notamment de coupes dans les retraites et de flexibilisation du marché du travail-- les jugeant "absurdes". Dimanche, son ministre des Finances les a qualifiées de "limite insultantes".

Présent en Bavière, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a appelé dimanche Athènes à présenter rapidement des propositions de réformes. "Évidemment il y a une date limite", a-t-il dit à l'attention de M. Tsipras.

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