De 125 à 375 euros “réservés” sur votre compte à chaque plein de carburant

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Le saviez-vous ? Chaque fois que vous prenez du carburant à la pompe avec votre carte, une “réserve” de 125 à 375 euros est réservée sur votre compte.

Contrairement à un achat via un terminal Bancontact, quand vous allez prendre de l’essence à la pompe, nul n’en connaît le montant exact… La transaction se fait donc en deux temps.

Premièrement, vous introduisez votre carte et donnez l’autorisation de prélever la somme correspondant au nombre de litres puisés. Le terminal de la station interroge la banque, qui lui transmet la réponse à savoir si la carte n’est pas bloquée et si le compte est approvisionné. Temps de l’opération quelques millisecondes, autrement dit complètement transparent pour l’utilisateur.

Début de l’acte 2, l’essence prise et la carte est débitée du montant exact. A nouveau, l’information qui a transité entre le terminal et la banque a été quasi instantanée. Vous repartez, et cela pourrait être la fin du chapitre. Sauf que… Saviez-vous qu’entre ces deux opérations, une provision de 125 à 375 euros a été “réservée” sur votre compte ? Juste au cas où, distrait ce jour-là, vous tentiez de partir sans payer.

Là où le bât blesse, c’est que parfois un bug se produit (très rarement assure-t-on chez Atos Worldline, la société qui gère les terminaux de paiement) et que cette fameuse “réserve” n’est pas libérée instantanément à la fin de la transaction. L’utilisateur malchanceux récupèrera bien son argent, mais cela peut prendre de quelques heures à deux ou trois jours… Avec toutes les mauvaises surprises que cela peut engendrer comme un solde insuffisant lors d’achats postérieurs alors qu’en toute bonne foi, ils auraient dû être possibles.

Suite à ces problèmes, Worldline s’est dit prête à discuter avec le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Johan Vande Lanotte, sur la question de cette “réserve” lors de l’approvisionnement en carburant. Worldline dit ne pas avoir de problème avec le fait que M. Vande Lanotte ait demandé à l’inspection économique de mener une enquête sur la pratique. “Nous voulons en discuter en toute transparence avec le ministre”, assure une porte-parole de la société.

Test-Achats dénonce cette pratique, jugée illégale par l’association de défense des intérêts des consommateurs, et s’est réjoui que le ministre Vande Lanotte “s’interroge ouvertement sur la légalité de la pratique”. Selon Test-Achats, le blocage de l’argent à titre de garantie se produit de manière illégale “étant donné que le consommateur n’a pas donné son consentement à cette fin.”
“Il n’existe en outre aucune réglementation à ce sujet et le montant ainsi que la durée du blocage peuvent fortement varier. Enfin, il y a une absence totale de transparence de cette pratique. En effet, aucun de ces mouvements n’apparaît sur les extraits de compte du consommateur”, regrette Test-Achats, tout en précisant que le blocage de l’argent peut parfois durer “jusqu’à plusieurs jours”.

Du côté du Syndicat neutre pour indépendants (SNI), on précise que “ce ne sont en aucun cas les gérants de stations-essence qui ont demandé l’instauration de telles mesures”. Le SNI émet lui aussi des doutes sur ce système.

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