Contrôle aérien: la France championne des grèves

18/06/18 à 12:26 - Mise à jour à 12:25

Source: Belga

Grèves à répétition et un matériel vétuste: un rapport parlementaire publié lundi, dresse un constat sévère sur le contrôle aérien français.

Pour la période 2004-2016, la France a enregistré 254 jours de grève de ses contrôleurs aériens, la Grèce, deuxième sur le podium, affiche seulement 46 jours, selon ce rapport de la commission des finances du Sénat. Outre les mouvements sociaux, la France est aussi championne des retards, liés à la vétusté du système, souligne le sénateur Vincent Capo-Canellas, auteur du rapport.

"Notre pays est responsable de 33 % des retards dus au contrôle aérien en Europe, déplore-t-il. Cela représente 300 millions d'euros de perte annuelle pour les compagnies aériennes." Les contrôleurs français ont la spécificité de se mobiliser à la fois sur des "mouvements corporatistes et des grèves de la fonction publique", relève l'auteur du rapport. "En France, les matériels de contrôle sont vétustes", insiste-t-il. Et leur coût d'entretien est très élevé: "136 millions d'euros par an. Nous sommes très en retard par rapport à nos voisins."

Le rapport précise que les 4.000 contrôleurs aériens français doivent faire face tous les ans à une forte augmentation du trafic. Ils ont contrôlé plus de 3,1 millions de vols en 2017, soit 4 % de hausse par rapport à 2016 et de 8,6 % par rapport à 2015. Si cette augmentation "constitue en soi une excellente nouvelle, encore faut-il que (les services de navigation aérienne) soient en mesure de l'absorber", ajoute-t-il.

Selon le rapport, l'école nationale d'aviation civile (ENAC) est reconnue dans le monde entier. Elle forme aussi des contrôleurs étrangers qui partent ensuite opérer dans des tours de contrôle "top modernes", se félicite le rapport. Mais pour ceux qui restent en France en revanche, après leurs études, "ils désapprennent et reviennent 25 ans en arrière dans les tours françaises".

Qualifiant la situation actuelle du contrôle aérien français d'"inquiétante", le sénateur estime que les défis à relever sont nombreux, "si l'on veut éviter que les différents retards accumulés ne conduisent à un véritable décrochage par rapport à nos partenaires européens".

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