Congo : le Club de Paris reporte l'annulation de la dette à 2011

20/10/10 à 10:13 - Mise à jour à 10:13

Source: Trends-Tendances

Certains pays créanciers de la RDC se posent des questions sur sa gouvernance économique et son climat des affaires, notamment à la lumière de certains contrats miniers conclus par le gouvernement de Kinshasa, entre autres avec la Chine.

Congo : le Club de Paris reporte l'annulation de la dette à 2011

© Belga

Le Club de Paris ne devrait pas accorder en 2010 à la République démocratique du Congo (RDC) la remise de la dette que Kinshasa escomptait, car plusieurs pays créanciers se posent des questions sur la gouvernance économique du gouvernement du Premier ministre, Adolphe Muzito, a indiqué mardi Charles Michel, ministre belge de la Coopération au développement. Cette remise de dette sera réévaluée en 2011, a-t-il affirmé à l'agence Belga.

La RDC a atteint en juillet le point d'achèvement de l'initiative Pays pauvre très endetté (PPTE) en vertu duquel le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont annoncé un accord pour réduire sa dette de 90 %, soit 12,3 milliards de dollars.

Les pays créanciers de la RDC, réunis au sein du Club de Paris, étaient invités à faire de même pour leur dette bilatérale mais la remise de dette ne se fera probablement pas en 2010, a affirmé Charles Michel, expliquant que certains pays créanciers se posaient des questions sur la gouvernance économique et sur le climat des affaires en RDC, notamment à la lumière de certains contrats miniers conclus par le gouvernement de Kinshasa, notamment avec la Chine.

Certains créanciers s'interrogent aussi sur la manière dont le point d'achèvement PPTE a été atteint.

Face à ces questions, la RDC a demandé un report de la réunion prévue en octobre, a ajouté le ministre. Le solde de la dette due aux créanciers du Club de Paris était estimé à 2,931 milliards de dollars, selon les derniers chiffres du gouvernement congolais.

Pour la Belgique, cette non-remise de dette, d'un montant de 220 millions d'euros, aura pour conséquence qu'elle n'atteindra pas les 0,7 % du produit national brut (PNB) affectés à l'Aide publique au développement, a précisé le ministre.

Les remises de dettes sont considérées, sous conditions, comme faisant partie de l'aide publique au développement (APD) par le Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les 15 pays à la fois membres de l'Union européenne et du CAD s'étaient engagés à porter leur APD à 0,51 % de leur produit national brut (PNB) en 2010. Il s'agit d'une étape en vue d'atteindre l'objectif d'une APD représentant 0,7 % du PIB.

Les pays qui respectent déjà cette promesse sont la Suède (1,03 %), le Luxembourg (1 %), le Danemark (0,83 %), les Pays-Bas (0,8 %) et la Belgique (0,7 %) - où ce chiffre figure dans une loi - mais qui ne l'atteindra donc vraisemblablement pas en 2010. "Pour tout le reste, nos engagements sont honorés", a assuré Charles Michel.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires