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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

14/12/16 à 11:00 - Mise à jour à 11:01

Comment Trump, l'homme à abattre, est devenu le sauveur de la nation

Sans même être encore arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump a réussi à faire augmenter la richesse boursière américaine de 1000 milliards de dollars. Si ce sont les ouvriers qui ont voté massivement pour lui, c'est pourtant pour le moment les 1% les plus riches qui ont capté 85% de ces 1000 milliards.

Comment Trump, l'homme à abattre, est devenu le sauveur de la nation

© REUTERS

En cette fin d'année, la plupart des indices boursiers américains et européens sont en hausse. Dans certains cas, des records ont même été dépassés. Même les actions bancaires sont sorties du purgatoire boursier. Grâce à qui ? A une croissance soudaine ? Pas du tout ! A une baisse drastique du chômage ? Encore moins ! A une explosion des profits des entreprises ? Rien de tout cela, hélas. Non, les Bourses sont aujourd'hui en lévitation grâce à la "Trumpomanie" qui a saisi les marchés depuis le 9 novembre dernier.

Hier encore, le milliardaire peroxydé était honni par les pontes de Wall Street et de la Silicon Valley, les uns et les autres prédisaient le pire au cas où le milliardaire new yorkais serait élu. Les uns et les autres s'affichaient ostensiblement au côté de Mme Clinton et lui ouvrait largement leurs carnets de chèques.

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Donald Trump, l'homme à abattre est devenu le sauveur de la nation

Et, puis patatras, depuis la victoire de Donald Trump, le discours des dominants a changé à 180°. L'homme à abattre est devenu le sauveur de la nation. Sa volonté de baisser les impôts ? Excellente pour l'économie ! Sa volonté de relancer les dépenses d'infrastructures ? Magnifiques, elles vont doper la croissance américaine ! La déréglementation du secteur bancaire ? Exceptionnelle, elle va permettre aux banques de refaire leurs anciennes bêtises, mais sans risque d'amende !

Que le déficit puisse se creuser, que ces décisions fassent augmenter les taux d'intérêt avec la possibilité d'un krach obligataire, tout cela n'affecte aucunement les investisseurs. En fait, les Bourses ont décidé de saliver à tout ce que propose le futur locataire de la Maison Blanche. Les investisseurs achètent presque tout en ce moment, sans faire la fine bouche. Comme l'écrit le très fin commentateur boursier Philippe Béchade, "tout est bon dans le cochon, et c'est valable aussi pour les marchés actions".

Disons-le franchement: si les ouvriers et les classes populaires ont voté massivement pour Donald Trump, pour l'heure le "rally" boursier de la fin d'année ne leur profite pas. Mais alors là, pas du tout. Depuis son élection, la capitalisation boursière de Wall Street a grimpé de... 1000 milliards de dollars. Et vous savez quoi, ce ne sont pas les pauvres, mais les riches et ultra-riches qui ont capté 85% de cette manne new-yorkaise. C'est le plus gigantesque cadeau de Noël du 21ème siècle fait au 1% les plus riches et aux fonds spéculatifs. Merci Tonton Donald. Le pourfendeur des inégalités vient de les accroitre considérablement sans même avoir encore élu domicile à la Maison Blanche. Il est fort Donald. Très fort.

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