Comment la planète se mobilise pour éviter une nouvelle crise financière

08/08/11 à 10:25 - Mise à jour à 10:25

Source: Trends-Tendances

Dirigeants politiques et banquiers centraux des principales économies mondiales s'activent depuis dimanche afin d'empêcher une nouvelle débâcle à la réouverture des marchés financiers lundi.

Comment la planète se mobilise pour éviter une nouvelle crise financière

© Reuters

Les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G7 se sont engagés lundi 8 août à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la stabilité financière et la croissance" face au "regain de tension sur les marchés financiers". Ils se sont dits, dans un communiqué publié à Paris par le ministère des Finances, "déterminés à agir de manière coordonnée chaque fois que cela est nécessaire, à assurer la liquidité et soutenir le bon fonctionnement des marchés, la stabilité financière et la croissance économique". "Aucun changement dans les fondamentaux ne justifie les tensions financières subies récemment par l'Italie et l'Espagne", déclarent-ils à l'attention des marchés qui ont placés ces deux pays dans leur collimateur.

Conférence téléphonique nocturne

Cette déclaration a été publiée à l'issue d'une conférence téléphonique réunie dans la nuit de dimanche à lundi et présidée par le ministre français de l'Economie François Baroin, a précisé Bercy, interrogé par l'AFP. La crise de la dette, touchant les deux côtés de l'Atlantique, s'est brusquement aggravée vendredi avec la décision de l'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) de retirer aux Etats-Unis la prestigieuse note "AAA", dont jouissent les émetteurs d'obligations les plus fiables.

Les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 se disent désormais "concentrés sur la mise en oeuvre rapide et complète des décisions prises" par l'accord européen du 21 juillet sur le sauvetage de l'économie grecque et de la zone euro. Promettant de rester "en contact étroit au cours des semaines à venir", ils assurent que leurs actions "assureront la soutenabilité de (leurs) finances publiques à long terme". Les pays du G20 ont également déclaré lundi être prêts à agir de concert pour stabiliser les marchés financiers et protéger la croissance, dans un communiqué conjoint. Le communiqué a été publié par la Corée du Sud après les nettes baisses enregistrées par les Bourses asiatiques lundi. Les Etats membres vont rester en contact rapproché et agir de manière à "assurer la stabilité financière et des liquidités sur les marchés financiers".

La BCE au secours de la dette espagnole et italienne

La Banque centrale européenne (BCE) est prête à racheter de la dette espagnole et italienne, si des investisseurs se retirent, a indiqué lundi sur Europe 1 le ministre français de l'Economie François Baroin. Les annonces ce week end par l'Italie et l'Espagne de mesures budgétaires ont "permis à la BCE de considérer que, allant dans la bonne direction, il était légitime de les aider", a relevé M. Baroin lundi matin. Du coup, "la BCE, dans sa souveraineté (...), a annoncé sans ambiguïté son intervention pour racheter les dettes italienne ou espagnole si d'aventure il doit y avoir des investisseurs qui se retiraient", a-t-il précisé.

La BCE a annoncé jeudi la reprise de son programme de rachat d'obligations, adopté à l'automne 2010 face aux graves difficultés de la Grèce, mais en sommeil depuis plus de quatre mois. Cependant, son président Jean-Claude Trichet avait refusé de dire si les obligations espagnoles et italiennes étaient concernées. Face à l'urgence provoquée par la panique, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé dimanche soir qu'elle allait tenter de calmer le feu sur les marchés en rachetant davantage de dette publique de pays de la zone euro en difficulté sur le marché secondaire, là où s'échangent les titres déjà émis. "La BCE va appliquer activement son programme (de rachat d'obligations sur le marché secondaire)", a-t-elle déclaré dans un communiqué, à l'issue d'une réunion téléphonique convoquée d'urgence face à l'escalade de la crise de la dette.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires