Chute du rouble: inquiétude croissante au sein des entreprises belges

17/12/14 à 17:47 - Mise à jour à 18:12

Source: Belga

Une économie russe qui tourne au ralenti représente une mauvaise nouvelle pour la zone euro: les principaux partenaires commerciaux de la Russie étant européens. "La chute constante du rouble depuis plusieurs mois a entraîné des inquiétudes de la part des entreprises belges", indique l'AWEX. "D'autant plus que les sanctions économiques prises à l'encontre de certaines banques russes ont entraîné des questionnements sur les modalités de paiement de ces dernières."

Chute du rouble: inquiétude croissante au sein des entreprises belges

Le rouble a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar et à l'euro en 2014. © Reuters

Le rouble a effectué des chutes vertigineuses de 9,5% lundi et de 7% mardi, avant de se stabiliser mercredi. L'effondrement de la monnaie s'explique principalement par les sanctions économiques décrétées par les Occidentaux pour punir l'attitude russe dans le dossier ukrainien, ainsi que par la baisse importante des cours du pétrole.

Le montant total des exportations européennes (UE28, ndlr) vers la Fédération de Russie s'élevait à 119,4 milliards d'euros en 2013, selon les données de l'agence pour le commerce extérieur. Le premier exportateur étant l'Allemagne, suivi de l'Italie et de la Pologne. La Belgique arrive en 7e position avec des exportations vers la Russie qui se chiffraient à 5,113 milliards d'euros en 2013. Durant les six premiers mois de l'année 2014, elles ont atteint 2,654 milliards d'euros, soit une diminution de 19,7% par rapport à la même période de l'année précédente.

Plusieurs phénomènes sont à l'origine de la diminution des exportations belges vers la Russie, selon l'AWEX. "D'une part, cette diminution s'explique par les sanctions occidentales et l'embargo sur certains produits agroalimentaires décrété par la Russie. Ensuite, la situation économique russe a entraîné une diminution de la consommation intérieure. Ce qui laisse moins de débouchés aux exportations belges. D'autre part, cette baisse est également provoquée par l'agressivité commerciale chinoise envers la Russie, et encouragée par Vladimir Poutine", précise-t-on à l'agence wallonne.

"Ne pas laisser se dégrader les relations bilatérales avec la Belgique"

Le secteur des produits chimiques arrive en première position avec 32,3% des exportations belges. Viennent ensuite les machines-outils (17,8%) et le matériel de transport (11,1%).

"En règle générale, le business passe d'abord et les entreprises font abstraction du contexte politique dans leurs échanges commerciaux avec la Russie", selon l'AWEX. Mais les effets sur la situation économique et la consommation russe sont devenus incontournables.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait par ailleurs qualifié la Belgique de "partenaire économique important" à l'occasion de la visite du chef de la diplomatie, M. Reynders, à Moscou la semaine dernière. La Russie a également fait part de sa volonté de "ne pas laisser se dégrader les relations bilatérales avec la Belgique", malgré les sanctions prises à son encontre.

Les importations belges en provenance de la Russie se sont élevées à 5,748 milliards d'euros au cours des six premiers mois de 2014, soit une augmentation de 8,8% par rapport à la même période en 2013. Le secteur des produits minéraux arrive en tête avec 59,5% des importations. Le secteur des pierres et métaux précieux prend la deuxième position (25,1%) et celui des métaux de base arrive ensuite avec 8,5%.

En 2013, ces importations se sont chiffrées à 9,992 milliards d'euros, faisant de la Belgique le 7ème pays importateur de produits en provenance de Russie parmi les 28 Etats membres de l'UE. L'Allemagne se place en tête de classement avec 39 milliards d'euros, suivie des Pays-Bas (28,9 milliards) et de l'Italie (20 milliards).

Au total, depuis le début de l'année, le rouble s'est effondré de plus de 40% face à l'euro et de plus de 60% face au dollar. Cette dégringolade menace de provoquer une nouvelle flambée des prix alors que l'inflation approche déjà les 10% sur un an et inquiète la population russe.

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