"C'est en prélevant 10% d'impôts en plus que vous diminuerez la pauvreté"

20/11/15 à 16:09 - Mise à jour à 16:09

Source: Canal Z

Marc De Vos (Itinera) ne se réjouit guère du discours sur l'inégalité que l'on nous sert aujourd'hui... mais s'exprime de manière tout aussi critique à propos des possibilités de redistribution afin d'éradiquer la misère. Il débat avec Frank Vandenbroucke (Université d'Amsterdam) sur le plateau de Kanaal Z.

"C'est en prélevant 10% d'impôts en plus que vous diminuerez la pauvreté"

Marc De Vos (Itinera) et Frank Vandenbroucke (Université d'Amsterdam) sur le plateau de Kanaal Z © Kanaal Z

"Nous ne nous en sortons pas très bien avec nos enfants", estime Frank Vandenbroucke, professeur à l'Université d'Amsterdam, qui débat avec Marc De Vos, directeur du think tank Itinera et auteur du récent Ongelijk maar fair ("Inégal mais juste"), lors de l'émission Z-Talk de nos confrères de Kanaal Z.

Marc De Vos ne se réjouit guère du discours sur l'inégalité que l'on nous sert aujourd'hui. Dans son ouvrage, il tente de déterminer les causes plus profondes de l'inégalité. Inégalité qui peut aussi s'avérer positive, car elle stimule le progrès économique - telle est du moins sa conviction. Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, est ainsi devenu l'une des personnes les plus riches du monde en créant de la valeur.

Cependant, on décèle aussi de la "mauvaise inégalité". Marc De Vos désigne ainsi un magnat du pétrole russe, à qui l'on peut reprocher d'avoir amassé autant d'argent grâce à des connexions politiques. Les banques ont elles aussi des comportements pervers, ajoute-t-il.

Le juriste s'exprime de manière tout aussi critique à propos des possibilités de redistribution afin d'éradiquer la misère. "C'est en prélevant 10% d'impôts en plus que vous diminuerez la pauvreté." Un point sur lequel Frank Vandenbroucke avoue pleinement son désaccord : "Dans les sociétés où les différences de revenus sont très grandes, les parents sont capables de développer un système d'enseignement à part."

Le professeur de l'université d'Amsterdam avoue que, bien que la Belgique soit un pays où l'on jouit d'une relative bonne redistribution, la probabilité de vivre dans la misère se montre très grande. "Nous ne nous en sortons pas très bien avec nos enfants. Ces enfants grandissent souvent dans des familles où un seul parent travaille... voire aucun parent. C'est en Wallonie et à Bruxelles que ce constat est le plus aigu. Problème : un faible nombre d'opportunités se présentent aux personnes peu qualifiées. Et puis, les personnes en état de pauvreté rapportent moins d'impôts..."

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