Budget: "Un accord déséquilibré et injuste, une honte pour le gouvernement"

26/07/17 à 15:45 - Mise à jour à 15:45

Source: Belga

La FGTB juge mercredi que l'accord intervenu au sein du gouvernement pour le budget fédéral est "imbuvable, déséquilibré et injuste". Le syndicat socialiste le qualifie même de "honte pour le gouvernement". Il dénonce des mesures offertes aux "nantis", employeurs et entreprises et des efforts demandés uniquement aux travailleurs.

Budget: "Un accord déséquilibré et injuste, une honte pour le gouvernement"

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Le syndicat déplore que le budget ne comporte aucune mesure structurelle "susceptible de garantir une fiscalité juste. Apparemment, les cadeaux fiscaux octroyés aux grosses fortunes et aux grandes entreprises sont toujours la priorité des priorités pour l'équipe Michel".

Alors que la FGTB est demandeuse d'une réforme de l'impôt sur les bénéfices des sociétés, elle reçoit une réduction du taux d'impôt des sociétés. "Une mesure incompréhensible, d'autant qu'elle engendrera moins de rentrées pour les finances publiques", juge le syndicat.

Cette décision est considérée comme d'autant plus inacceptable que le gouvernement ne prévoit que "des miettes en compensation".

Le syndicat critique également la taxation des comptes-titres, "un remède homéopathique qui n'a que l'apparence d'un impôt sur les fortunes".

La FGTB s'offusque des mesures concernant les travailleurs: extension de la flexibilité, réintroduction de la période d'essai, synonyme pour le syndicat d'insécurité, extension des flexi-jobs ainsi que du travail de nuit et le dimanche, démantèlement du statut du personnel des services publics...

"La FGTB constate une fois de plus que les mesures sont loin d'être équilibrées. (...) Les entreprises et les plus fortunés sont servis au doigt et à l'oeil, alors que les travailleurs, les pensionnés, les demandeurs d'emploi et les jeunes doivent accepter une diminution de leur protection sociale, une détérioration de leurs conditions de travail, une baisse de leur pouvoir d'achat", dénonce le syndicat.

"L'ADN de couleur bleu foncé de ce gouvernement commence à coûter cher", conclut-il.

"Un entêtement face à l'équité fiscale"

Pour la CGSLB, l'accord du gouvernement fédéral sur le budget provoque "une fois de plus" la déception. "Fidèle à la politique menée jusqu'ici, le gouvernement, loin de viser une plus grande justice fiscale, favorise à nouveau les employeurs avec de nouvelles réductions de charge et davantage de flexibilité", estime le syndicat libéral dans un communiqué.

"Le gouvernement a laissé passer sa dernière chance de tracer les grandes lignes d'une fiscalité du patrimoine raisonnable et équitable", juge la CGSLB. "La taxation linéaire des (gros) comptes-titres qui devrait générer 254 millions d'euros représente tout juste un emplâtre sur une jambe de bois."

Pour le syndicat, les mesures ne "suffiront pas à rendre la fiscalité plus équitable, (...) que du contraire: la priorité va aux chiffres, pas à la population".

Et la CGSLB de dénoncer "l'ingérence du gouvernement dans les dossiers sociaux, hypothéquant d'emblée l'équilibre des négociations entre les partenaires sociaux". Or, les accords sur la période d'essai et les starter jobs démontrent bien l'importance de cette concertation. Elle déplore "d'autant plus qu'aucun consensus n'a pu être trouvé entre les partenaires sociaux en juin", alors que ces accords étaient "mieux équilibrés".

L'extension des flexi-jobs et la poursuite de la dérégulation du travail de nuit et de l'e-commerce sont autant d'autres exemples "d'une politique impulsive qui, sans aucun respect des travailleurs et des accords collectifs, est propre à déstabiliser le marché du travail". Le syndicat rappelle par ailleurs que la Cour constitutionnelle doit encore se prononcer à l'automne sur la légitimité des flexi-jobs dans l'horeca.

"La CGSLB dénonce l'entêtement du gouvernement face à l'équité fiscale et son ingérence obstinée dans les dossiers socio-économiques en mettant trop l'accent sur la flexibilité et la dérégulation", conclut le communiqué. "Le syndicat libéral analysera les textes définitifs de l'accord pour définir ensuite sa stratégie et demander les correctifs qui s'imposent."

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