Budget : "La râpe à fromage, oui... mais sur les riches !"

04/03/12 à 12:36 - Mise à jour à 12:36

Source: Trends-Tendances

Le conclave budgétaire de ce dimanche devrait chercher à dégager 2 milliards d'euros via une multiplication de "micro-mesures" fiscales. Le PTB dénonce déjà une "nouvelle attaque contre le pouvoir d'achat des ménages" et pointe d'autres cibles plus "juteuses".

Budget : "La râpe à fromage, oui... mais sur les riches !"

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Le conclave budgétaire doit débuter ce dimanche en début d'après-midi. L'objectif : 2 milliards d'euros à trouver pour équilibrer le budget 2012. Les moyens : la "râpe à fromage", si l'on en croit Johan Vande Lanotte, ministre de l'Economie. A ses yeux, en effet, il convient de "multiplier les petites mesures" pour dégager, in fine, les milliards nécessaires : "Le contrôle budgétaire est davantage une râpe à fromage, il s'agit d'affirmer, de coordonner des mesures de plus petite ampleur."

Cette méthode - qui consiste à prendre "un peu de tout" - permettré, l'un dans l'autre, de prendre "beaucoup de tout", dénonce d'ores et déjà le Parti du travail de Belgique sur son site Internet.

"Une nouvelle attaque contre le pouvoir d'achat des ménages"

Entre 2000 et 2012, les loyers ont augmenté de 44 %, les prix de l'alimentaire de 38 % et ceux de l'énergie de plus de 77 %, rappelle le PTB, citant la dernière étude de l'économiste Philippe Defeyt (Institut pour un développement durable). Or, ces produits et services représentent jusqu'à 80 % (voire plus) du budget des ménages à petits revenu, indiquait fin janvier l'économiste.

Problème, pour le PTB : le gouvernement veut des petites économies un peu partout, "de sorte qu'elles soient moins sensibles et que cela suscite donc moins d'hostilité". Le gouvernement pense à l'augmentation des accises sur le tabac et l'alcool, à une taxe sur les billets d'avion, à imposer davantage les intérêts de l'épargne. Pas de hausse générale de la TVA, mais une hausse de la TVA sur des produits spécifiques.

"En fin de compte, avec la râpe à fromage, on peut aussi tailler une grosse tranche, prévient le parti de gauche. Une somme de petits bouts, cela peut faire un gros ensemble. Avec la première fournée de mesures de Di Rupo, chaque famille moyenne à deux salaires a déjà donné plus d'un demi-mois de salaire sur l'année. La nouvelle série de mesures prévues par le gouvernement constituera une nouvelle attaque contre le pouvoir d'achat des ménages."

Utiliser la râpe à fromage fiscale... mais sur les riches ?

C'est ailleurs qu'il faut aller chercher l'argent, estime le PTB, qui préconise d'appliquer la méthode de la râpe à fromage aux... fortunes de millionnaires : "Pour les fortunes de plus d'un million d'euros, nous pourrions couper une mince tranche annuelle de 1 %. Pour les fortunes de plus de 2 millions, une tranche de 2 %, et pour celles de plus de 3 millions, une tranche de 3 %. Des tranches dont les millionnaires ne souffriraient même pas, mais qui pourraient rapporter annuellement 8 milliards d'euros à la société. Avec cet argent, on pourrait concrétiser un véritable plan de création d'emplois et assumer les coûts du vieillissement."

Sans oublier la suppression des intérêts notionnels, véritable cheval de bataille des syndicats et du PTB. Mesure qui, selon le parti de gauche, "rapporterait 4,5 milliards par an. Bien plus que la déduction d'un abonnement de golf..."

Surprise, le Voka, la puissante organisation patronale flamande, abonde en ce sens. Luc De Bruyckere, son président, n'affirmait-il pas récemment : "Si cela ne tenait qu'à moi, une foule d'éléments déductibles, même les intérêts notionnels, pourraient être éliminés" ? Il ne s'agit toutefois pas d'un cadeau : les patrons du nord du pays échangeraient volontiers cette mesure phare (mais controversée) contre un taux d'imposition plus bas.

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Le conclave budgétaire "ne sera pas une opération incolore et inodore"

Les vice-Premiers ministres ont entamé dimanche à 15 h, un conclave budgétaire qui doit leur permettre de dégager 2 milliards d'euros, afin de limiter le déficit à 2,8 % du PIB cette année. L'exercice n'est pas impossible, ont souligné les négociateurs à leur arrivée au Lambermont, "mais ne vous attendez pas à des mesures incolores et inodores", a prévenu le ministre des Finances, Steven Vanackere (CD&V).

Pour Didier Reynders (MR), "de nouveaux impôts ne seraient pas une bonne solution si l'on veut soutenir la croissance en 2012". Le ministre des Affaires étrangères (et ex-ministre des Finances) a pointé le déficit de 400 millions à 500 millions dans la sécurité sociale des salariés et le surplus enregistré par celle des indépendants.

Joëlle Milquet (cdH) a évoqué pour sa part un déficit de 2,5 milliards d'euros dans les recettes fiscales.

Les travaux se poursuivront vraisemblablement jusqu'à 21 h ou 22 h dimanche soir et reprendront lundi.

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