Bruxelles: le cdH contre le péage urbain, Ecolo et Clerfayt sont pour

08/05/13 à 16:39 - Mise à jour à 16:39

Source: Trends-Tendances

La recommandation de l'OCDE en faveur de l'instauration d'un système de péage urbain à Bruxelles a reçu le soutien du député-bourgmestre Bernard Clerfayt et d'Ecolo. Le cdH bruxellois a par contre réitéré mercredi son opposition à l'instauration à la seule Région-capitale.

Bruxelles: le cdH contre le péage urbain, Ecolo et Clerfayt sont pour

© Belga

Pour Bernard Clerfayt, le cdH n'aide pas à trouver des solutions pour la mobilité, les transports en commun et le refinancement de Bruxelles. "Brandir le danger de la délocalisation des entreprises n'a pas de sens. Celles-ci perdent déjà beaucoup d'argent à cause des embouteillages. De plus le monde économique à Londres et à Stockholm a reconnu les mérites de cette formule", a-t-il dit.

Pour lui, il est tout à fait envisageable de mettre en oeuvre un système intelligent qui prévoirait des tarifs différenciés en fonction de facteurs tels que les heures de pointe et les week-ends. Cela permettra de réduire la pollution et le stress mais aussi de générer des recettes pour gonfler les investissements dans la STIB.

De leur côté, les députés Ecolo bruxellois Arnaud Pinxteren et Céline Delforge ont estimé que l'hypothèse d'un péage urbain devait être étudiée sérieusement à condition d'être organisé dans les zones centrales bien desservies en transport public.

Par ailleurs, une amélioration de la fluidité du trafic ne pourrait qu'être bénéfique à une série d'entreprises dont les travailleurs perdent de nombreuses heures dans leur véhicule de service.

Ecolo-Bruxelles a enfin rappelé que l'accord de majorité 2009-2014 prévoit d'étudier la mise en place de systèmes de péage urbain, en concertation avec les autres Régions, ou une tarification qui tienne compte de l'utilisation d'un véhicule plutôt que de sa possession.

Avant eux, le chef du groupe cdH au parlement bruxellois, Benoît Cerexhe, a tenu à réagir "très vivement" à cette recommandation. Pour lui, c'est "le prototype de la fausse bonne idée, parce que parfaitement inadaptée à la situation institutionnelle de Région bruxelloise".

Benoît Cerexhe reproche aux chercheurs de l'OCDE de nullement tenir compte des situations particulières et de finalement ne proposer que des solutions 'standard', alors que la réalité socio-politico-économique des deux métropoles est radicalement différente.

"Vu la complexité institutionnelle de notre pays, dans un contexte concurrentiel de plus en plus rude entre les Régions, dans un cadre communautaire de plus en plus incertain, nous ne pouvons nous résoudre à accepter de mettre en place une politique qui contribuerait à ce que des entreprises quittent la capitale, avec l'emploi qu'elles génèrent au bénéfice des Bruxellois", a poursuivi le chef du groupe cdH. Celui-ci a par ailleurs fait remarquer qu'imposer une taxe à l'entrée de ville constituerait aussi une menace forte pour les nombreux commerces du centre et du Haut de la Ville, qui attirent une clientèle largement non-bruxelloise, déjà de plus en plus tentée de s'arrêter dans des pôles commerçants périphériques, en raison des contraintes liées au stationnement dans la capitale.

Pour Benoît Cerexhe, un péage urbain ne peut être conçu que de manière beaucoup plus large, dans le cadre d'une communauté métropolitaine, avec des portillons de taxation situés non pas aux frontières de la Région bruxelloise, mais de la zone du futur RER.

Dans une étude, l'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) fait valoir ses recommandations pour relancer la croissance et améliorer la compétitivité de l'économie belge. Elle plaide, entre autres, pour l'instauration de péages au niveau des principaux goulets d'étranglement de villes comme Bruxelles et Anvers.

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