Brexit: vers un accord commercial semblable au CETA avec le Canada

08/12/17 à 11:30 - Mise à jour à 15:50

Source: Afp

L'UE travaillera sur un accord commercial avec le Royaume-Uni sur le modèle de celui conclu avec le Canada, a déclaré vendredi le négociateur en chef de l'Union sur le Brexit, Michel Barnier.

Brexit: vers un accord commercial semblable au CETA avec le Canada

David Davis et Michel Barnier © REUTERS

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Etant donné les exigences britanniques, il reste un modèle possible, "un +free trade agreement+ (un accord de libre échange) sur le modèle du Canada. (...) Ce sont nos amis britanniques qui indiquent ces lignes rouges (...) Donc, ce sera sur ce modèle là que nous travaillerons", a expliqué M. Barnier.

Le Français s'exprimait lors d'une conférence de presse à Bruxelles après le compromis trouvé entre la Commission européenne et le Royaume-Uni sur la première phase des négociations du Brexit portant sur les modalités de leur divorce, ouvrant la voie à la discussion sur leur future relation. Pour cette deuxième phase, une partie des discussions sera précisément la relation commerciale.

M. Barnier a détaillé les exigences britanniques concernant leur sortie de l'Union pour expliquer son raisonnement qui aboutit à choisir ce modèle plutôt qu'un autre comme base de travail.

Les Britanniques veulent sortir "du marché unique car ils ne veulent pas respecter les quatre libertés (notamment la liberté indissociable des trois autres, la liberté de circulation des personnes)", a-t-il souligné.

Ils veulent "sortir de l'Union douanière car ils veulent retrouver leur souveraineté en matière de négociations commerciales", a-t-il ajouté.

"Et puis au-delà de tout cela ils ne veulent plus reconnaître le rôle de la Cour européenne de justice", a-t-il continué.

En superposant "les lignes rouges britanniques" avec les différents modèles possibles, il reste une seule partie lisible "le +free trade agreement+ sur le modèle du Canada", selon M. Barnier.

Le traité de libre échange entre le Canada et l'UE (Ceta), approuvé en février 2017 par le Parlement européen, avait été négocié pendant sept ans.

Présenté par les dirigeants européens comme un nouvel "accord modèle" de libre-échange, le Ceta est jugé par ses adversaires comme anti-démocratique, trop favorable aux multinationales, léger sur l'environnement ou encore dangereux pour l'agriculture européenne.

Concernant l'accord conclu vendredi pour boucler la première phase de négociations avec Londres, le négociateur européen a souligné qu'il ne s'agissait pas encore d'un texte final et qu'il conviendrait de le "consolider". Il a exprimé son souhait de disposer d'un traité de retrait pour octobre 2018, afin de donner le temps au Parlement européen, et aux parlements nationaux concernés, de ratifier le texte.

Le Royaume-Uni honorera tous ses engagements

Par ailleurs, le Royaume-Uni honorera tous les engagements financiers qu'il a pris durant son appartenance à l'Union européenne, a confirmé le négociateur en chef de l'UE. "Nous nous sommes mis d'accord sur une méthodologie" de calcul concernant le règlement financier, a-t-il précisé, sans toutefois citer de montant.

"Aucun Etat membre n'aura à payer davantage ou recevra moins en raison du Brexit" jusqu'en 2020, a affirmé le négociateur européen.

La Première ministre britannique Theresa May a pour sa part jugé que la facture du divorce serait "équitable" pour les contribuables britanniques.

Selon des sources européennes, la somme serait comprise entre 45 et 55 milliards d'euros. Des médias britanniques évoquent quant à eux un montant entre 40 et 45 milliards.

Michel Barnier a pour sa part refusé de donner une estimation de cette facture vendredi. "Je n'ai jamais cité de chiffres donc je ne vais pas commencer aujourd'hui. Même si des chiffres circulent, et que certains peuvent être considérés comme réalistes, moi je n'en citerai pas", a-t-il indiqué, affirmant qu'il ne s'agissait "pas d'une question politique"

"Nous ne pouvons pas calculer exactement les sommes en question. Elles dépendent entre autres du niveau de croissance, de la consommation de crédit, des paiements qui interviennent. Tous ces chiffres vont bouger. Nous aurons des rendez-vous réguliers avec le Royaume-Uni après son départ pour préciser les choses en fonction des hypothèses et des chiffres réels", a-t-il conclu.

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