Brexit: "Un accord juste (...) mais inférieur à l'appartenance à l'UE"

11/01/17 à 18:00 - Mise à jour à 12/01/17 à 13:52

Source: Belga

La nouvelle présidence maltaise de l'UE a averti mercredi que Londres ne devrait tirer aucun traitement avantageux du Brexit, et a placé la crise migratoire au premier rang de ses priorités dans les prochains six mois.

Brexit: "Un accord juste (...) mais inférieur à l'appartenance à l'UE"

Jean-Claude Juncker et Joseph Muscat © AFP

"Nous voulons un accord juste pour le Royaume-Uni mais cet accord juste doit être inférieur à l'appartenance (à l'UE)", a affirmé le Premier ministre de Malte, Joseph Muscat, dont le pays a pris pour la première fois la présidence tournante de l'UE.

"Il ne saurait y avoir de situation dans laquelle tout ce qui est négocié aboutit à une situation meilleure que celle dont bénéficie le Royaume-Uni (aujourd'hui)", a souligné M. Muscat, lors d'une conférence de presse conjointe à La Valette avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Longtemps colonie britannique, membre du Commonwealth, l'anglophile Malte est pourtant considéré comme un allié traditionnel de Londres.

A la suite du référendum britannique du 23 juin dernier, la Première ministre Theresa May a promis de déclencher la procédure de divorce - en activant l'article 50 du traité de Lisbonne - d'ici la fin mars, c'est-à-dire durant le semestre de présidence maltaise du Conseil de l'UE (qui représente les Etats membres).

Les 27 autres pays de l'Union se sont engagés à ne pas négocier tant que l'article 50 ne serait pas invoqué, et à présenter un front uni face à Londres.

Refusant ainsi de laisser aux Britanniques le choix d'un Brexit "à la carte", ils se veulent fermes sur le futur accès au marché unique, s'opposant à ce que Londres puisse en bénéficier s'il ne respecte pas le principe de libre circulation des personnes, en particulier de la main d'oeuvre d'Europe de l'Est.

"J'ai rarement assisté à une discussion sur n'importe quel autre sujet où les 27 Etats membres ont pratiquement la même position", a témoigné M. Muscat, qui gouverne le plus petit pays de l'UE (moins d'un demi-million d'habitants).

Partager le 'fardeau' migratoire

De son côté, M. Juncker a réaffirmé que le Brexit ne signifiait "pas la fin de l'Europe ni du projet européen".

"Nous ferions une erreur majeure si nous considérions l'affaire du Brexit comme le début de la fin", a mis en garde le chef de l'exécutif européen.

L'UE doit tenir un sommet extraordinaire à 27 le 3 février à La Valette afin de continuer à débattre son avenir sans le Royaume-Uni.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se retrouveront ensuite à Rome le 25 mars pour marquer les 60 ans du Traité fondateur de Rome, au moment où la survie même de l'Union est menacée par une "polycrise", selon le mot de M. Juncker, de la vague migratoire à la montée des populismes.

Petit Etat insulaire au coeur de la Méditerranée, Malte veut "progresser" sur le partage du "fardeau" de la crise migratoire, mais à condition d'avancer dans la sécurisation des frontières extérieures de l'UE.

"Nous pensons que nous pouvons parvenir à une meilleure convergence entre Etats membres sur le partage de la responsabilité" de l'accueil des réfugiés, a dit prudemment M. Muscat, reconnaissant que la question est "compliquée".

Car les Etats membres sont encore loin d'un compromis pour réformer les règles dites de Dublin, qui désignent le pays de première entrée dans l'UE comme responsable d'une demande d'asile, en raison du refus par certains - en particulier en Europe de l'Est - d'en accueillir pour soulager des pays en première ligne comme la Grèce ou l'Italie.

Evoquant la poussée de xénophobie dans l'Union à la suite de l'afflux de migrants, le Premier ministre maltais a estimé qu'"il fallait arrêter de blâmer les gens qui votent pour des groupes extrémistes et se concentrer plutôt sur leurs inquiétudes".

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