Brexit: "Douche froide" pour les droits des Européens au Royaume-Uni

10/07/17 à 14:25 - Mise à jour à 14:25

Source: Afp

Plusieurs leaders du Parlement européen ont menacé lundi de voter contre les propositions de Londres sur le statut des expatriés européens au Royaume-Uni après le Brexit, affirmant qu'elles ont fait l'effet d'une "douche froide".

Brexit: "Douche froide" pour les droits des Européens au Royaume-Uni

© Reuters

"Le Parlement européen se réserve le droit de rejeter tout projet d'accord qui traiterait les citoyens européens moins favorablement" qu'aujourd'hui, affirment Guy Verhofstadt, le référent du Parlement européen sur le Brexit, et plusieurs responsables des principaux groupes politiques dans une tribune publiée dans la presse européenne.

Ils estiment que le plan britannique jette "un voile noir sur la vie de millions d'Européens qui se trouvent ainsi plongés dans l'incertitude la plus complète".

Les propositions du gouvernement conservateur de Theresa May ont fait l'effet d'une "douche froide", poursuivent-ils, ajoutant qu'il existe un risque de "créer des citoyens de deuxième classe".

Selon ces propositions, les citoyens européens résidant au Royaume-Uni depuis au moins cinq ans se verraient accorder un droit de résidence similaire à celui dont ils jouissent actuellement.

Ils perdraient néanmoins le droit de voter aux élections locales, et devraient justifier d'un certain niveau de revenus pour pouvoir faire venir dans le pays les membres de leur famille.

Les députés européens soulignent aussi que le "statut des bébés nés après le Brexit" demeure dans "le plus grand flou". Les enfants nés au Royaume-Uni de citoyens européens ne disposant pas d'une autorisation permanente de résidence sur le territoire devront postuler pour l'obtenir, sans garantie de résultat, selon ces propositions.

Environ 3,2 millions de ressortissants de l'Union européenne vivent actuellement au Royaume-Uni, tandis que les 27 accueillent près d'un million de Britanniques.

Lors de l'exposé de ces propositions le mois dernier, la Première ministre Theresa May avait considéré faire une "offre juste et sérieuse". Mais le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, avait rejeté le plan. "L'objectif de l'UE sur les droits des citoyens: même niveau de protection que dans le droit européen. Plus d'ambition, de clarté et de garanties sont nécessaires", avait-il tweeté.

Les Britanniques ont voté la sortie de l'UE lors d'un référendum le 23 juin 2016. Theresa May a officiellement notifié à l'UE l'intention de son pays de quitter l'union en mars, ouvrant ainsi une période de négociation de deux ans avant la concrétisation du Brexit.

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