Bourse : une euphorie "excessive"... et de courte durée

11/05/10 à 09:39 - Mise à jour à 09:39

Source: Trends-Tendances

A Bruxelles, le Bel 20 a connu hier la 4e meilleure journée de son histoire, tandis que les Bourses de Paris et New York flambaient. Le pétrole lui aussi a regagné des couleurs, suite à la révélation d'un plan géant de soutien à l'économie en Europe. Les marchés ont-ils réagi trop positivement, après avoir plongé trop profondément la semaine dernière ? La ministre française de l'Economie le pense. Le soufflé, d'ailleurs, retombait déjà mardi matin.

Bourse : une euphorie "excessive"... et de courte durée

© Bloomberg

"Les marchés ont donné une réponse excessive, comme parfois hier, avec des montées d'indices comme on n'en avait pas vu depuis 20 ans et comme on n'en avait jamais vu dans certains pays, a estimé mardi Christine Lagarde, ministre française de l'Economie, sur les ondes de France Culture. "Cela a été excessif, cela redescendra, cela se calmera." L'histoire lui a donné raison dès mardi matin (lire ci-après).

Didier Reynders, ministre belge des Finances, ne partage visiblement pas sa défiance envers ce regain des places de marché. Dans un entretien au Soir, il se réjouit ouvertement de la réaction des marchés au plan d'aide européen : "Je ne dirais pas que nous nous attendions à une réaction de pareille ampleur, mais c'est évidemment ce que nous recherchions. Ce que nous venons de faire, ce n'est pas juste de sauver la Grèce : nous avons stabilisé les choses dans toute la zone euro, et ce faisant, nous avons évité une catastrophe non seulement financière, mais des pertes de pouvoir d'achat, d'emploi, etc."

A Bruxelles, l'indice Bel 20 a vécu lundi la 4e meilleure journée de son histoire

Comme ailleurs en Europe, les investisseurs ont réagi avec euphorie lundi, à Bruxelles, à l'accord sur un mécanisme de stabilisation pour les pays de la zone euro. L'indice Bel 20 a rebondi de 9,37 %, l'une des quatre meilleures prestations de l'indice belge jamais observée, selon des données de l'opérateur boursier Nyse Euronext.

Le Bel 20 a ainsi clôturé à 2.511,98 points, soit plus de 200 points de plus qu'à la fermeture de vendredi (2.296,81 points). Toutes les actions qui le composent ont terminé dans le vert. Ageas (ex-Fortis Holding) a grimpé de près de 30 %, KBC de plus de 22 % et Dexia de 17 %. Bekaert a gagné plus de 10 %.

Rappelons que le meilleur jour de Bourse pour le Bel 20 correspond au 13 mars 2003, avec une hausse de 9,78 %. Viennent ensuite le 19 septembre 2008 (+ 9,66 %) et le 13 octobre 2008 (+ 9,48 %). Le lundi 10 mai 2010 arrive donc en 4e position, loin devant le 14 mars 2003 (+ 7,23 %).

A New York, Wall Street connaît sa plus forte fièvre depuis mars 2009

Tandis qu'à Paris, l'indice CAC 40 gagnait près de 10 %, la Bourse de New York a, elle, enregistré sa plus forte hausse de l'année, rassérénée par le plan de secours colossal adopté en Europe pour faire face à la crise qui menace la zone euro. Le Dow Jones a gagné 3,9 % et le Nasdaq 4,81 %. Selon des chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones Industrial Average a pris 404,71 points, à 10.785,14 points, et le Nasdaq (à dominante technologique) 109,03 points, à 2.374,67 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a grimpé de son côté de 4,4 % (48,85 points), à 1.159,73 points.

Dans le sillage des places financières européennes, le marché a signé sa plus forte progression journalière depuis mars 2009, alors que l'Europe s'est dotée d'un mécanisme sans précédent de 750 milliards d'euros (auquel contribuera aussi le FMI), accompagné d'une action concertée des banques centrales.

L'indice Dow Jones était encore en baisse de 3,3 % par rapport à son niveau de clôture une semaine plus tôt, cependant, date à laquelle ont fait suite quatre séances de recul consécutives. Le marché obligataire a été délaissé au profit de marchés plus risqués. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans est remonté à 3,539 %, contre 3,429% vendredi soir ; celui du bon à 30 ans à 4,41 %, contre 4,28 %.

Pétrole : dopé en Asie comme à New York, grâce au plan d'aide de l'UE

Les prix du baril ont rebondi lundi à New York, après une chute de plus de 10 dollars la semaine dernière, à la suite de l'annonce du plan de l'Union européenne pour défendre la zone euro. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en juin a terminé à 76,80 dollars, en hausse de 1,69 dollar par rapport à vendredi.

Sur l'ensemble de la semaine dernière, la crainte de voir la Grèce, incapable de rembourser ses dettes, s'enfoncer dans la crise, et que d'autres pays de la zone euro connaissent les mêmes difficultés avait fait plonger le prix du baril de brut de 11 dollars, soit presque 13 %, à New York.

Les cours du brut étaient encore en hausse mardi dans les échanges électroniques en Asie. Dans les échanges matinaux, le baril de light sweet crude pour livraison en juin gagnait 22 cents, à 77,02 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord, à échéance identique, prenait 23 cents, à 80,35 dollars.

Après l'euphorie, le calme revient sur les marchés financiers

[UPDATE 1] Les Bourses mondiales s'orientaient à la baisse dès mardi matin, à l'instar de la monnaie unique européenne, les investisseurs préférant jouer la prudence après l'euphorie déclenchée la veille par l'adoption d'un plan massif de sauvetage pour soutenir la zone euro.

Peu après 11 h, le Bel 20 était en perte de 2,24 %. Vers 10 h, Paris reculait de 1,38 %, Francfort de 0,95 %, Londres de 1,3 %, Milan de 1,35 %, Madrid de 1,35 %, Lisbonne de 0,57 % et Athènes de 0,96 %. En Asie, les Bourses, qui avaient également été emportées par la liesse lundi, ont accusé de franches baisses mardi, Tokyo abandonnant 1,14 %, Shanghai touchant un plus bas niveau depuis un an et Hong Kong étant également en recul.

La prudence reste de mise alors que la monnaie unique, baromètre de la crise en zone euro, évoluait autour de 1,27 dollar mardi matin, effaçant son rebond de lundi qui l'avait propulsé brièvement au-dessus de la barre de 1,30 dollar.

A l'origine de ce refroidissement, une communication de Moody's en fin de journée lundi. L'agence de notation a répété qu'elle allait abaisser la note de la Grèce de manière "très certainement" significative, jugeant "possible" un ajustement en catégorie spéculative, ce qui signifie que la Grèce sera reléguée au niveau des investissements à haut risque. Pour le Portugal, elle prévoit aussi un abaissement.

Malgré le plan de 750 milliards d'euros décidé par les dirigeants européens et le FMI, "les inquiétudes demeurent, a commenté Hideaki Inoue, économiste chez Mitsubishi UFJ-Trust and Banking Corp. La question est de savoir si les gouvernements (des Etats européens endettés) peuvent faire passer des mesures d'austérité."

Sur le marché de la dette des Etats, la tendance est à la stabilisation, le taux de l'obligation grecque à 10 ans s'affichant à 7,85 % et celui à deux ans à 7,606 % peu avant 8 h GMT, des niveaux proches de la veille. Ces taux avaient dégringolé lundi dans des proportions encore jamais vues depuis le début de la crise.

Trends.be, avec Belga

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