Belgique : une dégradation inévitable ?

16/01/12 à 09:48 - Mise à jour à 09:48

Source: Trends-Tendances

Standard & Poor's a prévenu : si la dette belge dépasse la barre de 100 % du PIB, elle dégradera la notation du pays, déjà abaissée fin novembre. En 2011, cette dette atteignait 94 % du produit intérieur brut... en baisse par rapport à 2010. Mais nettement plus qu'avant la crise.

Belgique : une dégradation inévitable ?

© Image Globe/John Thys

La note attribuée par Standard & Poor's à la Belgique pourrait être abaissée si la dette publique belge venait à repasser la barre des 100 % du PIB, ressort-il de l'analyse effectuée sur la Belgique par l'agence de notation.

Standard & Poor's a abaissé vendredi soir la note de neuf pays de la zone euro, dont la France et l'Autriche qui ont perdu leur tripe A. Sept autres membres de l'Eurozone ont vu leur note confirmée, dont la Belgique, qui conserve sa note AA, la troisième meilleure possible.

Standard & Poor's avait dégradé le 25 novembre dernier la note de la Belgique de AA+ à AA avec une perspective négative.

Belgique : les menaces de S&P sur sa notation future...

La note attribuée à la Belgique reste toutefois assortie d'une perspective négative, ce qui signifie qu'il existe au moins une chance sur trois qu'elle soit abaissée. Une rétrogradation pourrait survenir, explique l'agence de notation dans ces commentaires sur la Belgique, si la dette publique belge venait à augmenter pour dépasser la barre de 100 % du PIB, par exemple en raison d'une croissance plus faible.

"Inversement, les notes pourraient se stabiliser au niveau actuel si nous voyons que le gouvernement est capable de contenir l'accroissement de la dette à un niveau proche de son niveau actuel", poursuit Standard & Poor's, précisant que la dette publique belge était estimée à 94 % du PIB en 2011.

En 2010, elle était encore de 96,6 % du PIB, en hausse de 0,4 % par rapport à 2009. La tendance serait donc à l'abaissement de la dette du pays... même s'il faut préciser qu'avant la crise, la dette belge s'élevait à 84 % du PIB. Contre 138 % en 1993, il est vrai...

... Et les atouts de l'économie belge, qui ont convaincu S&P de lui conserver son AA

L'agence de notation rappelle également que la note AA attribuée à notre pays reflète notamment sa vision d'une économie belge "riche, tournée vers l'exportation et compétitive", d'un passé de forte consolidation fiscale depuis le milieu des années 1990 ou encore d'un taux d'épargne élevé.

S&P souligne également l'engagement du gouvernement belge, dans la cadre du budget 2012, ainsi que les mesures supplémentaires prises en janvier 2012, afin de ramener le déficit public sous la barre des 3 % en 2012.

Notation S&P : "Une bonne nouvelle pour la Belgique !" (Vanackere)

Le fait que Standard & Poor's ne dégradera pas prochainement la notation du crédit à court terme de la Belgique constitue "une bonne nouvelle", estimait samedi Steven Vanackere, ministre (CD&V) des Finances, sur les ondes de la radio VRT.

D'après le ministre, la note AA de la Belgique est désormais associée à une "outlook negative" et plus à une "creditwatch negative" : "C'est du jargon mais, au final, la note reste la même. S&P indique cependant qu'une rétrogradation (downgrade) de la note n'est pas prévue prochainement pour la Belgique."

Au contraire, l'agence d'évaluation se penchera plutôt sur les capacités de remboursement à long terme de la Belgique.

Vendredi, deux pays de la zone euro, dont la France, ont perdu leur note triple A, sept autres ont vu leur note abaissée et restent sous la menace d'une nouvelle dégradation, seuls l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande dans le groupe de l'Eurozone, ont été épargnés par S&P.

Trends.be, avec Belga

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