Camille van Vyve
Camille van Vyve
Rédactrice en chef adjointe de Trends-Tendances.
Opinion

05/02/15 à 13:13 - Mise à jour à 13:13

BCE et Grèce: marche à droite ou crève

Suite à l'annonce brutale de la BCE de priver la Grèce d'une de ses principales sources de financement, la bourse d'Athènes s'effondre et le pays est au bord de l'asphyxie. La manoeuvre apparaît bien plus comme une sanction politique qu'une sage décision économique.

BCE et Grèce: marche à droite ou crève

Des sympathisants de Syriza. © Reuters

Les dirigeants de la BCE ont-ils déjà mis un pied en Grèce? Ont-ils passé ne serait-ce qu'une semaine dans la rue, les hôpitaux, les magasins, les écoles? Parlé avec les Grecs, les vrais, pas uniquement leur gouvernement?

Au regard de la décision qu'ils viennent de prendre, cela paraît hautement improbable. Car cette décision n'a pas vocation à sauver le pays du désarroi total dans lequel il est plongé, mais de l'éjecter purement et simplement de la zone euro.

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En Europe, c'est marche à droite ou crève

Ah, vous avez propulsé la gauche radicale au pouvoir dans l'espoir d'effacer au moins une partie de votre insupportable dette? Impies! Non seulement on ne vous pardonnera pas cet écart, mais on vous assènera le coup fatal, montrant au passage à tous les pays qui pensaient pouvoir vous suivre dans ce mouvement dissident qu'il est préférable de marcher dans le rang. En Europe, c'est marche à droite ou crève. Vraisemblablement.

Mais cet abus de pouvoir de l'Europe - car quand Peter Praet évoque le traité de l'Eurosystème interdisant d'aider un Etat par des mesures de politique monétaire pour justifier son acte, il oublie le fait qu'il y avait déjà dérogé auparavant pour la même Grèce - sera-t-il perçu comme une injonction à rentrer dans le rang ou au contraire, comme le signal qu'entre instances européennes et Etats membres, en particulier les plus faibles, la confiance et surtout la solidarité est définitivement rompue?

Il n'est pas exclu que le mouvement espagnol de gauche Podemos raffle encore plus de "déçus de l'Europe" suite à la décision prise hier soir. Et dans ce cas, le spectre de l'éclatement de la zone euro réapparaîtra sous une forme particulièrement réaliste. Et particulièrement effrayante.

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