Alexis Tsipras maintient le referendum de dimanche

01/07/15 à 16:55 - Mise à jour à 19:45

Source: Belga

Il conseille aux Grecs de voter non et insiste sur le fait qu'un vote négatif ne veut pas dire pour autant que une sortie de la zone euro, mais un retour à l'Europe des valeurs. Toute nouvelle décision des créanciers de la Grèce est suspendue aux résultats du référendum.

Alexis Tsipras maintient le referendum de dimanche

© AFP

L'allocution du premier ministre grec n'aura duré que quelques minutes. Depuis son bureau il a adopté un ton très direct et promis que les difficultés ne seraient que temporaires. Il s'est aussi adressé à l'Europe en regrettant "que l'Europe ne veuille pas donner au peuple grec le temps de prendre une décision ". "Les sirènes de la catastrophe vous exhortent à voter oui en vous demandant de devenir complices d'un nouveau mémorandum. Seul un non pourra nous permettre d'obtenir un meilleur accord".

Il affirmé que le référendum ne posait pas la question de la sortie ou non de la Grèce de la zone euro. M. Tsipras a également confirmé que le gouvernement grec resterait à la table des négociations. "Le non ne signifie pas une rupture avec l'Europe mais le retour à l'Europe des valeurs, le non signifie une forte pression" pour continuer les négociations a déclaré Alexis Tsipras. Il a aussi réaffirmé qu'il souhaite trouver un accord mutuel bénéfique et digne pour les deux parties après le référendum.

Le Premier ministre a affirmé que le gouvernement grec pourrait alors défendre de meilleurs termes de négociation pour le peuple. "Un verdict populaire est plus fort que la volonté d'un gouvernement", a-t-il lancé. "Je vous invite à m'accompagner dans ces nouvelles négociations et à écrire un nouvelle page de la démocratie". M. Tsipras a conclu en remerciant les Grecs de leur honnêteté, s'engageant à trouver une solution rapide et assurant et que ni les salaires, ni les retraites seraient perdus. Il a également exhorté les Grecs à ne pas faire sortir les capitaux vers l'étranger, alors qu'un contrôle des capitaux est en place depuis lundi pour éviter un effondrement bancaire.

Cependant faute d'argent dans les caisses publiques, il n'y aura pas d'affiche de campagne. La mobilisation des deux camps se fera donc principalement sur les réseaux sociaux

Le Premier ministre grec s'oppose frontalement avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a appelé lundi les Grecs à voter oui, peu importe les termes de la question posée au référendum, de sorte à envoyer un message politique fort pour le maintien de la Grèce dans la zone euro et l'Union européenne.

L'allocution télévisée de M. Tsipras est intervenue à peine une heure avant la tenue d'une vidéo conférence des ministres des Finances de la zone euro dédiée à la Grèce.

Dans la journée, le gouvernement grec a confirmé qu'il avait soumis à ses créanciers de nouvelles propositions pour trouver un terrain d'entente afin de gagner leur soutien. Ces nouvelles propositions n'ont pas trouvé d'échos favorables à Berlin, alors que la chancelière Angela Merkel refuse de discuter de la nouvelle demande d'aide avant le référendum. A Paris en revanche, le président français François Hollande a plaidé pour un accord immédiat entre Athènes et ses créanciers.

Les ministres des finances suspendus aux résultats du référendum de dimanche

Toute nouvelle décision des créanciers de la Grèce est désormais suspendue aux résultats du référendum convié dimanche par le premier ministre grec Alexis Tsipras. Les ministres des Finances de la zone euro ont conclu en ce sens leur vidéo-conférence mercredi en fin de journée. Le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, a confirmé après l'échange que le sujet ne serait plus abordé avant dimanche. "Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs" a aussi tweetté le ministre des Finances slovaque, Peter Kazimir, à l'issue d'un court échange avec ses pairs. Selon lui, l'Eurogroupe a fait preuve d'unité en optant pour attendre les résultats du référendum grec avant d'entamer de nouvelles discussion au sujet de la Grèce.

Les ministres de la zone euro devaient se pencher sur la demande émise mardi par le gouvernement d'un nouveau soutien financier via le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Pourquoi durcir à nouveau le débat ?

Pourquoi durcir à nouveau le débat, alors qu'un nouvel accord semblait à portée de main, et que les Grecs avaient proposé d'annuler le référendum? Ce projet était "mal fichu et déraisonnable", selon des économistes libéraux cités par Le Monde. Il était aussi lié à la demande d'un prêt de 30 milliards d'euros sur deux ans par le Mécanisme européen de stabilité et un règlement de la question de la dette, deux points qui n'avaient aucune chance d'être acceptés par les créanciers dans un délai court.

Reprise des négociations après le référendum

Alors que sa légitimité pourrait être contestée par l'Europe, compte-tenu du peu de jours pour l'organiser et des problèmes qui pourraient suivre, le référendum de dimanche est maintenant le pari commun de ceux qui soutiennent Tsipras comme de ceux qui souhaitent sa chute. Rendez-vous lundi, pour savoir avec qui l'Europe va devoir négocier. Tsipras, lui, s'y voit déjà.

Via l'Express

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