Affaire Ioukos: les menaces russes, l'ignorance belge

19/06/15 à 12:21 - Mise à jour à 12:59

Source: Belga

La Russie a menacé ce vendredi "de mesures de rétorsion" les pays "s'aventurant" à geler ses avoirs à l'étranger, notamment en Belgique, dans le cadre de la procédure de compensation pour les actionnaires de l'ex-géant pétrolier Ioukos. Ce à quoi les Affaires étrangères belges ont répondu ne pas avoir reçu "de notifications officielles".

Affaire Ioukos: les menaces russes, l'ignorance belge

Vladimir Poutine © Reuters

Les Affaires étrangères belges n'ont pas reçu de notifications officielles concernant le gel de comptes bancaires russes par des huissiers en Belgique, a indiqué vendredi le porte-parole du SPF Hendrik Van de Velde.

Parmi les comptes russes gelés en Belgique figurent notamment ceux de l'ambassade de Russie et de ses représentations permanentes auprès de l'UE et de l'Otan à Bruxelles, selon la diplomatie russe. L'ambassadeur de Belgique en Russie, Alex Van Meeuwen, a été convoqué jeudi soir par le ministère des Affaires étrangères qui a protesté contre un "acte ouvertement inamical" et une "violation grossière des normes du droit international".

D'après l'agence russe Ria-Novosti, le gel de comptes russes en Belgique fait suite à une décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, qui avait condamné en juillet 2014 l'État russe à verser une indemnité de 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) aux actionnaires du groupe pétrolier Ioukos démantelé dans les années 2000 au terme d'un processus considéré comme orchestré par le Kremlin.

Menaces

Les pays "s'aventurant" à geler les avoirs russes à l'étranger s'exposent à "des mesures de rétorsion", a menacé vendredi la Russie, face à cette procédure de compensation pour les actionnaires de l'ex-géant pétrolier Ioukos, décidée par la Cour permanente d'arbitrage de La Haye.

"Ceux qui s'aventureraient à faire ça (geler les avoirs russes, ndlr) doivent comprendre qu'il y aura des mesures de rétorsion", a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères, Vassili Nebenzia, cité par l'agence de presse Interfax, alors que des actifs du gouvernement russe ont déjà été gelés en France et en Belgique.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a peu après souligné qu'il était "inévitable" que la réponse de la Russie soit "la réciprocité". "C'est la seule façon d'agir, sur la scène internationale", a-t-il commenté.

La Russie a déjà exclu tout dédommagement, contestant le bien-fondé de la décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, qui avait condamné en juillet 2014 l'État russe à verser une indemnité de 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) aux actionnaires du groupe pétrolier Ioukos démantelé dans les années 2000 au terme d'un processus considéré comme orchestré par le Kremlin.

Parmi les comptes russes gelés en Belgique figurent notamment ceux de l'ambassade de Russie et de ses représentations permanentes auprès de l'UE et de l'Otan à Bruxelles, a indiqué jeudi le ministère russe des Affaires étrangères.

En France, des comptes dans une quarantaine de banques ont été gelés ainsi que "huit ou neuf immeubles", des "actifs gouvernementaux et non pas diplomatiques", a affirmé à l'AFP Tim Osborne, le directeur exécutif de la GML, la holding représentant l'ancien actionnaire majoritaire de Ioukos.

Face à ces saisies, la Russie "est en train" de préparer sa réponse, a prévenu M. Nebenzia. Cette dernière "ne sera pas politique, mais juridique", a-t-il précisé, sans donner davantage de détails.

L'ambassadeur de Belgique en Russie, Alex Van Meeuwen, a été convoqué jeudi soir par le ministère russe des Affaires étrangères qui a protesté contre un "acte ouvertement inamical" et une "violation grossière des normes du droit international".

Ioukos avait été vendu à la découpe en grande partie au groupe pétrolier public russe Rosneft, un acteur de taille modeste pour le secteur à l'époque, devenu depuis le principal producteur mondial parmi les sociétés cotées.

La Cour a estimé que ce démantèlement de Ioukos, alors propriété de l'oligarque et opposant au Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, avait été orchestrée pour des raisons politiques.

Arrêté en 2003 pour "détournement et blanchiment d'argent" et emprisonné pendant dix ans, M. Khodorkovski, qui réside aujourd'hui à l'étranger, s'est félicité du gel des avoirs russes en Belgique, dans un message publié sur Twitter.

En savoir plus sur:

Nos partenaires