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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/01/17 à 12:05 - Mise à jour à 12:05

Un artiste est souvent plus rentable mort que vivant

Certains artistes sont plus rentables mort que vivant. C'est le cas des icônes de la pop. La mort de David Bowie, de Prince et de George Michael en 2016 nous rappelle que si l'année 2016 a été une véritable hécatombe sur le plan artistique, ce sera sans doute une année record en termes de business pour leurs héritiers.

Un artiste est souvent plus rentable mort que vivant

David Bowie, janvier 2016 © DR

Comme vous le savez, l'année 2016 a été terrible pour les amateurs de musique Pop. En janvier de l'année dernière, c'était David Bowie qui nous quittait, quelques mois plus tard, en avril, c'était le tour de Prince de tirer sa révérence. Et durant la période de Noël, on nous annoncé la mort de George Michael.

Sur le plan artistique, l'année 2016 a donc été une véritable hécatombe. En revanche, c'est presque cynique de le dire comme cela, sur le plan du business, la mort de ces icônes de la Pop nous rappelle que dans leur métier, on vaut davantage mort que vivant. Nos confrères du Temps nous rappellent que le jour suivant la mort de George Michael, la demande a augmenté de 31.158% sur le site d'écoute en ligne Spotify. Ce petit exemple montre à quel point l'année 2016 aura été une année record pour les ayants droit de ces artistes morts.

Décédé en janvier 2016, David Bowie est entré à la 11e place du hit-parade des célébrités affichant les plus hauts revenus selon le magazine économique Forbes. Les revenus posthumes de David Bowie se sont élevés à 10.5 millions de dollars. Prince a encore fait mieux alors qu'il est décédé quelques mois plus tard, puisqu'il est arrivé 5e de ce hit-parade avec 25 millions de dollars. Vous me direz que c'est un peu normal, ces artistes viennent de mourir, leur souvenir est encore intact auprès de leurs fans. Le penser serait une erreur, toujours d'après l'enquête du journal Le Temps, au hit-parade des artistes morts les plus rentables, les deux incontournables restent Elvis Presley avec 27 millions de dollars, et Michael Jackson et ses 825 millions de dollars.

Dans le cas de Michael Jackson, il est parti de ce monde en laissant à ses héritiers une dette de 500 millions de dollars. Aujourd'hui, grâce au film qui lui a été consacré, grâce aux albums posthumes, grâce aux royalties pour la tournée mondiale du Cirque du Soleil, les ayants droit de Michael Jackson ont récolté 2 milliards de dollars depuis son décès. Largement de quoi rembourser les dettes du Roi de la pop !

Quand je vous dit que le business des artistes mort est un business juteux, il est aussi devenu miraculeux. Prenez le cas de Jimi Hendrix, voilà un mort célèbre qui a réussi à sortir 12 albums après son décès contre seulement 3 de son vivant. Et ce business de la mort n'est pas prêt de s'arrêter, grâce aux nouvelles technologies numériques, les morts vont être ressuscités en quelque sorte et participer à des concerts sous forme d'hologrammes.

L'année 2017 verra par exemple en France et sans doute ensuite en Belgique, une nouvelle comédie musicale qui est en réalité une tournée d'hologrammes de Dalida, de Claude François, de Mike Brant et même de Sacha Distel. La technique est relativement récente et ce sont les Etats-Unis qui ont ouvert la voie. En avril 2012, sur la scène du célèbre festival Coachella (Californie), les organisateurs avaient réussi l'exploit de faire monter le rappeur 2Pac sur scène. Aux côtés de ses amis Snoop Dogg, Dr Dre, Eminem et 50 Cent. Mais grosse différence : l'artiste 2Pac était déjà mort et enterré depuis le 13 septembre 1996. Je ne sais pas ce qu'il est pour vous, mais moi, ce genre de business me laisse perplexe pour ne pas dire mal à l'aise.

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