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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/10/15 à 15:05 - Mise à jour à 15:15

"Tous ceux qui écrivent dans le Financial Times sont...des crétins"

J'adore Bill Bonner. C'est un éditeur américain qui a très bien réussi dans son domaine et qui en plus rédige des billets économiques qui, chaque semaine, sont un délice.

"Tous ceux qui écrivent dans le Financial Times sont...des crétins"

© Reuters

L'un de ses derniers billets critiquait les articles rédigés par certains journalistes, et pas n'importe lesquels, car Bill Bonner ose s'attaquer à des institutions comme le Financial Times. Bill Bonner n'a donc pas peur d'écrire que "tous ceux (ou presque) qui écrivent dans le Financial Times ou dont les pensées sont rapportées dans les "pages saumon" du journal sont... des crétins. Et il ajoute même que "nous sommes désolés de le dire, mais il semble qu'une nuit de sommeil n'a pas amélioré les choses".

Je ne vais pas reprendre tous les exemples qu'il cite pour démontrer les âneries écrites dans le Financial Times, selon lui, mais j'en reprendrai un seul: en page quatre du quitidien us, notre ami Bill Bonner est tombé sur l'interview de Christine Lagarde qui fait les gros titres. Voilà ce qu'il en dit: "La directrice générale du FMI est probablement excellente bureaucrate. Elle est peut-être même bonne avocate, et de bonne compagnie à l'apéritif. Dommage qu'elle ne connaisse rien à l'économie. Cette semaine, elle a déclaré au monde entier que "la chute rapide des prix des matières premières pose problème aux économies basées sur les ressources naturelles". Et il ajoute très ironique: "l'assistance a dû rester muette, chacun se demandant s'il aurait été possible de trouver quelque chose d'encore plus évident, ressassé et banal".

"Tous ceux (ou presque) qui écrivent dans le Financial Times ou dont les pensées sont rapportées dans les "pages saumon" du journal sont... des crétins."

Je ne suis pas l'interprète de Bill Bonner, mais il a une manie: il a l'art de repérer toutes les idioties véhiculées par la presse économique et les soi-disant experts. En revanche, il épingle aussi de véritables informations. Et l'une des histoires les plus extraordinaires n'était pas dans le Financial Times, mais dans le Global Mining Observer (GMO). Je vous passe les détails, mais il s'agit de la société coté Glencore, une société spécialisée dans le négoce des matières premières. En gros, selon lui, les initiés de cette société Glencore prévoient de mener leurs naïfs actionnaires en bateau. En effet, les compères de Glencore ont introduit l'entreprise en bourse en mai 2011 à 59 milliards de dollars... Ils l'ont chargée de dettes... Ils ont utilisé le temps et l'argent pour s'accorder de gigantesques bonus, honoraires et options... Et maintenant qu'ils se sont arrogé la part du lion, ils prévoient de se débarrasser de la carcasse. Eh oui, les initiés veulent en effet sortir Glencore de la Bourse. Traduction: comme ils ont vendu au sommet, ils vont maintenant racheter les actifs à ce qui semble être un prix plancher. Bravo, l'artiste !

Toujours à l'affût d'histoires croustillantes, Bill Bonner s'extasie aussi de la manière dont Henri Blodget, un ancien repenti de Wall Street, s'est reconverti avec succès dans l'édition avant de vendre, il y a quelques jours, son bébé (Business Insider) pour 390 millions de dollars à l'éditeur allemand Axel Springer. Là encore, Bill Bonner fait comprendre que cet éditeur allemand s'est fait arnaquer.

Si je vous cite tous ces exemples, c'est simplement pour vous dire que l'actualité économique est remplie d'articles inintéressants. Pour celui ou celle qui sait décrypter cette actualité, il y a moyen de trouver des perles et de s'amuser de la naïveté humaine... ou de la déplorer !

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