Seppuku symbolique pour le patron de Tepco

20/05/11 à 11:08 - Mise à jour à 11:08

Source: Trends-Tendances

Le président de Tepco a démissionné. Il entend de cette manière assumer la responsabilité des lourdes pertes financières de l'énergéticien nippon à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Seppuku symbolique pour le patron de Tepco

© Reuters

Masataka Shimizu, président de Tepco, entreprise gestionnaire de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima, a démissionné. Il entend de cette manière assumer la responsabilité des lourdes pertes financières de l'entreprise à la suite de la catastrophe nucléaire. Tokyo Electric Power a en effet annoncé vendredi une perte annuelle record de quelque 11 milliards d'euros.

Au terme de l'exercice d'avril 2010 à mars 2011, Tepco a affiché une perte nette de 1.247,35 milliards de yens (10,9 milliards d'euros), la pire jamais enregistrée par un groupe japonais non financier. Le tentaculaire groupe Tepco a notamment été forcé de prendre en compte des dépréciations massives d'actifs résultant de l'arrêt brutal et définitif d'au moins quatre des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi (N° 1), endommagée par le séisme et le tsunami géant du 11 mars.

Ont également sévèrement plombé ses finances les dépenses requises pour déployer des moyens exceptionnels pour refroidir tant bien que mal les réacteurs de Fukushima et les piscines à combustible. Elle doit aussi financer le traitement de milliers de mètres cubes d'eau contaminée.

"La détérioration significative" des finances "soulève des doutes substantiels sur (notre) capacité à continuer de fonctionner", a prévenu l'opérateur. Il a cependant assuré qu'il continuerait sa restructuration conformément aux desiderata du gouvernement.

A la Bourse de Tokyo, l'action s'est effondrée de 83 % depuis le 11 mars. Avant l'accident, Tepco espérait terminer l'exercice sur un bénéfice net de 110 milliards de yens (près de 1 milliard d'euros), une hypothèse ruinée le 11 mars par la catastrophe naturelle qui a dévasté le nord-est du Japon et provoqué le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl, voici 25 ans.

Sans ce drame intervenu moins de trois semaines avant la fin de l'année budgétaire, Tepco aurait affiché des bénéfices. La compagnie est en effet restée bénéficiaire sur le plan purement opérationnel, continuant malgré tout d'alimenter en électricité la région est du Japon, dont la mégapole tokyoïte et ses 35 millions d'habitants, et d'encaisser les factures.

Son chiffre d'affaires annuel s'est élevé de 7 % par rapport à celui de l'année précédente, à 5.368,57 milliards de yens (47 milliards d'euros). Tepco a dégagé un profit d'exploitation en progression de 40 % sur un an à quelque 400 milliards de yens (3,5 milliards d'euros).

Trends.be, avec Belga

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