Pourquoi Rajaratnam ne passera pas 205 ans en prison

14/10/11 à 10:24 - Mise à jour à 10:24

Source: Trends-Tendances

Raj Rajaratnam a été reconnu coupable de délit d'initié et condamné à 11 ans de prison. Ce milliardaire d'origine sri-lankaise risquait une peine de 205 années d'emprisonnement. Voici pourquoi le juge s'est montré si clément.

Pourquoi Rajaratnam ne passera pas 205 ans en prison

© Reuters

Raj Rajaratnam, patron fondateur du fonds d'investissement Galleon, a été condamné jeudi à une peine de 11 ans de prison, l'une des plus lourdes condamnations jamais infligées aux Etats-Unis dans une affaire de délits d'initié.

Les procureurs avaient demandé un minimum de 19 ans et demi et un maximum de 24 ans et demi de prison à l'encontre du milliardaire d'origine sri-lankaise, reconnu coupable le 11 mai de délits d'initié ayant rapporté quelque 72 millions de dollars.

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Le juge Richard Holwell a toutefois invoqué des problèmes de santé. Raj Rajaratnam, 54 ans, souffre en effet d'"un diabète avancé conduisant à une défaillance rénale imminente", selon le juge. En tout état de cause, l'état de santé de Raj Rajaratnam, qui doit rester libre jusqu'au 28 novembre et s'acquitter d'une amende de 10 millions de dollars, aggrave le ressenti de la peine : "La prison est une punition plus intense" pour les grands malades, a souligné le juge.

Les avocats de la défense avaient également invoqué la santé fragile de leur client pour demander une peine plus clémente, autour de six ans de prison.

Le juge a également évoqué l'action philanthropique du milliardaire : "La réaction et l'attention portées par l'accusé aux moins privilégiés dépassent largement la norme" pour des hommes d'affaires richissimes. Dernier argument pour expliquer l'indulgence relative de la peine : "Les délits d'initié sont insidieux mais représentent un danger différent de celui des fraudes à la Enron ou des schémas de Ponzi à la Madoff."

L'affaire Galleon, un dossier tentaculaire impliquant plusieurs des grands noms de la finance US

Depuis 20 ans, aucun délit d'initié n'avait été puni aux Etats-Unis par des peines supérieures à 10 ans de prison, selon le Wall Street Journal.

Raj Rajaratnam, vêtu comme à son habitude d'un costume sombre, a refusé de s'exprimer durant l'audience comme l'y avait invité le juge. L'homme a été reconnu coupable le 11 mai de tous les délits d'initié dont il était accusé, au terme d'un procès de deux mois. Il encourait jusqu'à 205 ans de prison si le juge décidait de ne pas confondre les peines.

Il est accusé d'avoir piloté des transactions illégales, sur la base de fuites d'informations confidentielles sur des sociétés cotées, un stratagème qui a rapporté "environ 45 millions de dollars" entre 2003 et 2009, sans compter des dizaines de millions de dollars supplémentaires en pertes évitées. Dans ce dossier tentaculaire impliquant plusieurs des grands noms de la finance et du monde des affaires américain, une vingtaine d'accusés avaient choisi de plaider coupable.

Trends.be, avec Belga

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