L'affaire Kerviel en 3 minutes chrono

06/06/12 à 14:48 - Mise à jour à 14:48

Source: Trends-Tendances

La cour d'appel de Paris tentait mercredi de comprendre comment l'ex-trader français Jérôme Kerviel a multiplié en 2007 les sorties de route qui ont mené à la perte historique de la Société Générale en janvier 2008. Résumé des débats avec, en bonus, "la" vidéo qui vous dit tout de l'"affaire Kerviel"

L'affaire Kerviel en 3 minutes chrono

© Reuters

Pourquoi ? Pourquoi de telles sommes ? Pourquoi des opérations fictives ? La cour d'appel de Paris tentait mercredi de comprendre comment l'ex-trader français Jérôme Kerviel a multiplié en 2007 les sorties de route qui ont mené à la perte historique de la Société Générale en janvier 2008.

"Au début du mois de mars, commençait à courir l'information sur un gros problème aux Etats-Unis sur les subprimes (Ndlr, crédits immobiliers à risque), donc j'ai pris une position vendeuse", a indiqué l'ancien trader au deuxième jour de son procès en appel. Il pariait alors sur une baisse du marché et c'est ainsi qu'a commencé la valse des milliards, avec des "pertes latentes", puis des gains qui venaient conforter le trader dans sa stratégie, jusqu'à atteindre des sommes hallucinantes.

Fin mars 2007, ses positions spéculatives atteignaient 5,6 milliards d'euros. Une somme que "même le PDG de la banque" ne peut pas engager "sans l'accord du conseil d'administration !", a lancé Me François Martineau, l'un des avocats de la Société Générale. Ces positions étaient dissimulées par des opérations "fictives". "Tout le monde le fait", a répété Jérôme Kerviel, bombardé de questions par la présidente, Mireille Filippini. C'est "pour les apparences", "purement cosmétique", a-t-il dit, répétant qu'il voulait conserver ses positions pour "faire gagner de l'argent à la banque".

Les services de contrôle s'étaient bien émus d'opérations leur semblant peu orthodoxes, mais Jérôme Kerviel avait pu à chaque fois répondre à leurs questions et les rassurer, en avançant des explications "invraisemblables", selon ses propres dires, ou en multipliant les écrans de fumée. Ces services ont peut-être été "légers", a relevé la présidente, "mais si tout le monde fait des opérations fictives, pourquoi leur raconter des histoires ? Je ne comprends pas !"

Imperturbable, Claire Dumas, représentante de la Société Générale, a expliqué à son tour comment Jérôme Kerviel avait dissimulé "avec ingéniosité" ses positions "spéculatives, ouvertes", "hors limites", et que s'il avait été découvert, il aurait été licencié.

En cours de déposition, l'avocat de Jérôme Kerviel l'a accusée de "mentir éhontément" et de "faux témoignage", se faisant vertement reprendre par Mireille Filippini. "Elle n'est pas témoin, elle est partie civile, et la partie civile dit ce qu'elle veut !", a fait remarquer la présidente à la défense.

La cour devait continuer d'étudier mois après mois les opérations de 2007. En juin, les positions de Jérôme Kerviel atteindront près 30 milliards d'euros. De sueurs froides en paris sur l'évolution des marchés, les gains de Jérôme Kerviel seront en fin d'année de 1,4 milliard d'euros.

Ces bénéfices étaient tellement énormes qu'il ne pouvait pas les déclarer officiellement, au risque de révéler qu'il avait pris des risques inconsidérés. Il constituait donc un "matelas", qu'il garderait pour l'année suivante. Mais en janvier 2008, il sera démasqué alors que ses positions atteignent 49 milliards d'euros et que le marché lui est devenu défavorable.

La perte finale sera de 4,9 milliards, une somme que Kerviel s'est vu condamner en 2010 en première instance à rembourser en dommages et intérêts. Le tribunal correctionnel l'avait aussi condamné à cinq ans de prison dont trois ferme, après l'avoir reconnu coupable d'abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque.

Trends.be, avec Belga

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