FMI : Reynders en embuscade de Lagarde ?

23/05/11 à 08:28 - Mise à jour à 08:28

Source: Trends-Tendances

Didier Reynders est "bien entendu" intéressé par la fonction de directeur du FMI... tout en ajoutant que la ministre française des Finances, Christine Lagarde, était toujours la favorite pour ce poste. Mais se poserait clairement en solution au cas où la Française serait rattrapée par les ennuis judiciaires nés de l'"affaire Tapie".

FMI : Reynders en embuscade de Lagarde ?

© Belga

Didier Reynders, invité de L'indiscret dimanche à la RTBF, a été interrogé dans le prolongement des débats sur l'affaire Strauss-Kahn et sur la succession de celui-ci. On lui a notamment demandé s'il était intéressé par la fonction de directeur général du Fonds monétaire international : "Bien entendu. C'est une fonction qui ne se refuse pas. Mais c'est aussi une fonction à laquelle on n'est pas candidat."

Il a insisté pour que les Européens s'accordent pour présenter un candidat, a ajouté qu'il semblait bien que la ministre française Christine Lagarde parte favorite. Didier Reynders a également souligné que la France semble faire valoir ce qu'il a appelé "un droit de suite".

La Belgique en recours des ennuis judiciaires de Christine Lagarde

Didier Reynders a toutefois lézardé, dimanche, le front européen en faveur de la Française. Le grand argentier belge a argué de son expérience de ministre des Finances, poste qu'il occupe depuis 1999, et du fait qu'il siège "depuis 12 ans" au comité monétaire et financier international, chargé de conseiller la direction du FMI.

Tout en reconnaissant que Christine Lagarde est "très concrètement" favorite, il a égratigné la prétention de la France à vouloir garder le poste de directeur général du FMI dans son giron après DSK, car la France, souligne-t-il, a occupé ces fonctions pendant 34 ans (le FMI a été créé en 1945).

Didier Reynders se pose manifestement en solution possible de recours au cas où sa collègue française serait handicapée par ses ennuis judiciaires. Un procureur français a en effet récemment menacé Christine Lagarde d'une enquête pour sa gestion du règlement par un tribunal arbitral d'une affaire opposant Bernard Tapie à l'ancienne banque Crédit Lyonnais. Affaire s'étant soldée par le versement 240 millions d'euros à l'homme d'affaires français, plus une centaine de millions d'intérêts et 45 millions pour préjudice moral. Une décision doit être prise dans les prochaines semaines.

FMI : l'Allemagne prône Lagarde comme candidate de l'UE...

Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, s'est néanmoins prononcé en faveur de la Française Christine Lagarde comme candidate de l'UE pour prendre la tête du FMI, dans un entretien au journal dominical allemand Bild am Sonntag : "Si Christine Lagarde se décidait à être candidate, l'Europe aurait les meilleures chances d'occuper à nouveau ce poste. Mais il est maintenant décisif que l'Europe parle d'une seule voix à ce propos."

Wolfgang Schäuble a fait l'éloge de son homologue : "Christine Lagarde est parfaitement appropriée en tant que personne pour ce poste. Elle est respectée et appréciée dans tout le monde de la finance." Le grand argentier allemand a insisté sur la nécessité d'avoir un Européen à la tête du Fonds monétaire international, rappelant que c'était la tradition : aux Etats-Unis la Banque mondiale, à l'UE le FMI. Il a appelé à une prise de décision rapide, "dans les prochaines semaines".

Vendredi, une source européenne avait déclaré à l'AFP que Mme Lagarde était "quasiment intronisée" comme candidate de l'UE pour prendre la tête du FMI en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, tablant sur un "signal" en ce sens lors d'une réunion du G8 cette semaine.

... Tout comme le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a lui aussi apporté, samedi, son soutien à la ministre française des Finances comme candidate pour prendre la tête du FMI : "Du point de vue du mérite, je crois que Christine Lagarde est la candidate évidente pour le FMI, et c'est pourquoi la Grande-Bretagne va la soutenir", a déclaré dans un communiqué l'homologue britannique de la ministre, George Osborne.

"Elle a montré cette année ses qualités de leadership à l'échelon international comme présidente des ministres des Finances du G20, a souligné George Osborne. Elle a aussi été une avocate engagée en faveur des pays en difficulté avec de lourds déficits. Nous la soutenons parce qu'elle est la meilleure pour le poste, mais personnellement, je pense aussi que ce serait une très bonne chose de voir pour la première fois une femme à la tête du FMI."

Cette annonce du ministre conservateur constitue une pierre dans le jardin de l'ex-Premier ministre travailliste Gordon Brown, dont le nom a été cité comme possible successeur de Dominique Strauss-Kahn.

Trends.be, avec L'Expansion.com et Belga

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