Charles Michel : le réseau du nouveau président du MR

11/02/11 à 17:03 - Mise à jour à 17:03

Source: Trends-Tendances

Il est officiellement intronisé président du MR aujourd'hui, jour de la Saint-Valentin. A 35 ans seulement, Charles Michel dispose déjà d'un solide carnet d'adresses.

Charles Michel : le réseau du nouveau président du MR

© Belga

Autant l'écrire d'emblée : excepté son père, les personnes qui ont exercé et exercent encore le plus d'influence sur Charles Michel ne sont pas reprises dans cette galerie de portraits. Car il s'agit essentiellement d'inconnus dont le nouveau président du MR préserve jalousement l'anonymat. "Ce sont de vrais amis, des responsables de PME, des avocats ou des notaires qui ont une vraie influence sur ma vie de politicien, confie l'intéressé. Grâce à eux, notamment, je suis connecté au réel et c'est précisément un des éléments forts dans le message que je veux apporter au MR par ma présidence. Je veux être porteur d'un mouvement politique qui est ancré dans la vie réelle et non pas dans le slogan."

Une exception, cependant, émerge dans ce groupe d'anonymes : le nom de Jean Lamotte, son ancien professeur de latin et de grec, que Charles Michel cite volontiers. "Il a développé chez moi le goût de la rhétorique, de l'argumentation et de la précision, révèle le nouveau président du MR. C'est quelqu'un qui a beaucoup compté pour moi et qui, dans mon parcours, a joué un rôle important."

Tout comme Louis Michel, d'ailleurs, que son fils Charles refuse pourtant de considérer comme un mentor ou une éminence grise. "Probablement, mon père a dû jouer un rôle dans la sensibilité que j'ai développée en politique, reconnaît-il. Je l'admire pour son parcours, la sincérité de son engagement et la force de ses convictions mais nous avons des caractères très différents. Lui c'est lui ; moi c'est moi."

Si le soupçon de la "papacratie" a longtemps plané au-dessus de Charles Michel, le successeur de Didider Reynders n'en affiche pas moins un parcours éclatant qu'il doit autant à son pragmatisme qu'à son ambition. En quelques années seulement, l'homme a réussi à se faire un prénom en politique pour devenir, à 25 ans à peine, le plus jeune ministre wallon de l'histoire et occuper, une décennie plus tard, le trône du MR au nez et à la barbe de Daniel Bacquelaine, candidat chouchou du président sortant.

Pour y arriver, Charles Michel a évidemment pu compter sur le lobbying actif de son paternel, mais aussi sur de nombreux appuis au sein du MR, d'Olivier Chastel à Willy Borsus, en passant par Jacqueline Galant, Christine Defraigne ou encore François-Xavier de Donnea. "Je ne fonctionne pas avec une espèce de garde rapprochée, tempère le président fraîchement élu, mais avec différents cercles dont le plus important est le cercle du Brabant wallon où j'ai mis en place une forte équipe autour de moi composée des bourgmestres MR de la province."

Le programme économique de Charles Michel

Dans les sphères patronales, Charles Michel affirme ne pas avoir de véritables amis, au sens propre du terme, parmi les grands noms qui font régulièrement l'actualité. "Ce sont plutôt des relations de confiance, précise-t-il, comme Jean Peterbroeck, le président-fondateur de Petercam, ou Jean Stéphenne qui développe beaucoup GSK dans ma ville de Wavre et avec qui j'ai l'occasion de travailler sur des projets concrets."

Si le nouveau président du MR avoue n'être présent dans aucun cercle d'affaires "faute de temps", il n'en demeure pas moins attentif aux préoccupations des chefs d'entreprise. "Je souhaite que le MR porte un programme économique totalement tourné vers les PME, les indépendants et les professions libérales, annonce Charles Michel. Par exemple, je suis partisan de supprimer totalement les cotisations patronales sur les trois premiers emplois créés dans les PME et je prône également des mesures concrètes concernant les métiers en pénurie. Il y a aujourd'hui 50.000 emplois inoccupés et, en même temps, 65.000 jeunes de moins de 25 ans au chômage. Ce n'est pas normal. Il faut mettre en place un vrai plan opérationnel de formations."

Amené à voyager en tant que ministre démissionnaire de la Coopération au Développement, l'homme se dit également interpellé par les nouvelles puissances économiques comme la Chine, l'Inde et le Brésil qui sont en train de bouleverser les repères. "Il est urgentissime d'avoir de vraies stratégies sur le plan de l'innovation, en déduit Charles Michel. C'est vraiment l'enjeu-clé pour la Belgique et pour l'Europe dans les prochaines années. Il faut se fixer des objectifs opérationnels en termes de moyens et de priorités pour la recherche. Ce qui se fait actuellement est très insuffisant. Aujourd'hui, on consacre moins de 2 % du PIB à l'innovation. Il faut rapidement, au minimum, doubler cet effort." Comment ? "En faisant des choix, conclut le nouveau président du MR. Personnellement, je suis ultra- partisan du concept de budget base zéro en analysant la nécessité de chacune des dépenses publiques."

Frédéric Brébant

Le cercle des bourgmestres

Tissant le lien de son fief électoral, une demi-douzaine de bourgmestres MR sont des amis proches de Charles Michel en Brabant wallon, de Jean-Paul Wahl (Jodoigne) à Pierre Huart (Nivelles), en passant par Emmanuel Burton (Villers-la-Ville) ou encore Christophe Dister (La Hulpe).

Ses appuis au MR

Outre son père Louis Michel qui a fortement contribué à forger son destin, le nouveau président du MR peut compter sur le soutien du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Olivier Chastel, du chef de groupe MR au parlement wallon Willy Borsus, de la députée fédérale Jacqueline Galant, de la sénatrice Christine Defraigne ou encore du député fédéral François-Xavier de Donnea.

Ses contacts "sport & culture"

L'ancien Secrétaire général de la Fédération belge de Football et sénateur MR Alain Courtois lui ouvre volontiers les portes des milieux sportifs. Dans les sphères culturelles, Charles Michel est très proche du comédien Jean-Marie Pétiniot qui pose, dit-il, "un regard très intéressant sur la relation entre la politique et la culture".

Dans les autres partis

Charles Michel a "une relation forte", dit-il, avec Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat au Budget (cdH), et avec Marcel Cheron, chef de groupe Ecolo au Parlement de la Communauté française. Au PS, il s'entend plutôt bien avec le ministre du Climat et de l'Energie Paul Magnette et avec le ministre-président de la Région wallonne Rudy Demotte. Au sein de l'Open VLD, Charles Michel apprécie l'ex-ministre de l'Intérieur Patrick Dewael, l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, le ministre pour l'Entreprise et la Simplification Vincent Van Quickenborne et le président des libéraux flamands Alexander De Croo.

Son réseau patronal

Charles Michel dispose de plusieurs relais entrepreneuriaux parmi lesquels Jean Stéphenne (patron de GSK Biologicals), Jean Peterbroeck (président-fondateur de Petercam), Jean-Pierre Delwart (président de l'UWE), Jean-Claude Daoust (président de la FEB), Olivier Willocx (patron de Beci) ou encore Vincent Reuter (administrateur délégué de l'UWE).

Au palais royal

En coulisse, il se chuchote que le nouveau président du MR a ses entrées au palais grâce à son ancien chef de cabinet adjoint John Cornet d'Elzius, qui est l'actuel conseiller du Prince Philippe sur les questions intérieures belges, et grâce à Bernard de Traux de Wardin, président de l'Intercommunale du Brabant wallon, qui est l'un des meilleurs amis du Roi.

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