Brider les salaires des patrons du public : pour ou contre ?

25/05/12 à 07:25 - Mise à jour à 07:25

Source: Trends-Tendances

Le ministre Magnette veut plafonner les salaires des top managers à 290.000 euros bruts. Les réactions, dans les rangs politiques, ont été pour le moins mitigées.

Brider les salaires des patrons du public : pour ou contre ?

© Image Globe/Virginie Lefour

Paul Magnette, ministre (PS) des Entreprises publiques, a préparé une proposition visant à limiter les salaires des top managers des entreprises publiques à un maximum de 290.000 euros bruts par an. Le projet sera présenté aujourd'hui vendredi au conseil des ministres, rapportent plusieurs journaux.


Le ministre plaide pour un salaire brut de base de maximum 200.000 euros par an. En plus de cela, les top managers des entreprises publiques peuvent encore avoir droit à un bonus de maximum 30 % et à une dépense de 15 % pour un plan de pension ou une voiture de société, par exemple. Les actions et stock-options seraient exclues.


Paul Magnette propose en outre de réduire l'indemnité de départ à maximum un an de salaire. Celui qui quitterait l'entreprise sur base volontaire ou qui n'aurait pas récolté de bons résultats ne recevrait pas de compensation. La même chose vaudrait si l'entreprise était confrontée à de sérieuses difficultés financières.


Le projet serait applicable aux nouveaux CEO et membres de la direction d'entreprises publiques telles que Belgacom, la SNCB et Bpost, mais aussi pour des sociétés de droit public comme la Loterie Nationale.


"Ce que je propose aujourd'hui s'inscrit dans un mouvement mondial pour apporter plus de morale dans l'économie", indique Paul Magnette, qui se dit convaincu qu'"il y aura encore assez de candidats pour ce type d'emploi prestigieux".

Salaire des top managers : le plan de Magnette accueilli prudemment

Le projet du ministre des Entreprises publiques de plafonner la rémunération des top managers dans la fonction publique à 290.000 euros bruts a été accueilli prudemment par les représentants des partis de la majorité, vendredi matin, avant un comité ministériel restreint où il devait être abordé.

Joëlle Milquet (cdH) s'est déclarée favorable à une limitation des salaires pour les postes où la concurrence au recrutement est faible, mais se montre plus réservée pour les secteurs plus concurrentiels, citant Belgacom et Bpost. Elle craint que certaines entreprises publiques "n'attirent plus de gens de qualité et deviennent inefficaces".

Sans se prononcer sur le fond de la proposition, Steven Vanackere (CD&V) a égratigné la méthode de Paul Magnette, qui a diffusé son projet dans la presse : "Ce n'est pas la meilleure manière de mettre des choses à l'agenda."

Sabine Laruelle (MR) voit dans le projet du ministre PS "une bonne base de travail".

Dans un communiqué, Charles Michel, président du MR, se réjouit de la proposition mais appelle à encadrer aussi les salaires des patrons actuellement en fonction, en notant que le projet ne les concerne pas. Il répète ses critiques contre les émoluments du patron de Belgacom, Didier Bellens.

Du côté de l'Open VLD, Vincent Van Quickenborne s'est montré plutôt favorable à la mesure, tout en appelant à en mesurer l'impact sur les entreprises. Sur la VRT, le députée Gwendolyn Rutten avait parlé d'un important signal de sobriété.

Laurette Onkelinx (PS) a pour sa part salué la proposition, en ajoutant que le gouvernement devrait aussi travailler à limiter les plus hautes rémunérations dans le secteur privé.

Trends.be, avec Belga

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