Bekaert : licencier n'empêche pas de s'augmenter...

30/03/12 à 08:21 - Mise à jour à 08:21

Source: Trends-Tendances

Bert De Graeve, patron de Bekaert, a perçu, en 2011, une rémunération un tiers supérieure à celle de 2010. Alors même que son entreprise supprime près du quart de ses effectifs en Belgique. Les salariés, furieux, ont levé le pied dès vendredi matin et réclament des explications.

Bekaert : licencier n'empêche pas de s'augmenter...

© Image Globe/David Stockman

Bert De Graeve, administrateur délégué de Bekaert, a bénéficié d'une forte hausse salariale en 2011. Son salaire total a grimpé d'un tiers à 1,78 million d'euros, peut-on retirer du rapport annuel du producteur de produits en acier, consultable ici. Le CEO a gagné 434.000 euros de plus qu'en 2010 ; il avait alors gagné 1,35 million d'euros.

La rémunération fixe de Bert De Graeve est passée de 694.038 euros en 2010 à 831.000 euros l'an dernier. Les rémunérations pour prestations variables sont passées de 475.000 euros à 715.000 euros, auxquelles il faut ajouter 162.000 euros pour la pension et 75.500 euros pour le véhicule d'entreprise et l'assurance.

Détail remarquable : la rémunération de Bert De Graeve n'avait connu qu'une légère progression entre 2009 et 2010 : 1.313.384 euros en 2009 puis 1.348.830 euros en 2010. Son variable n'avait alors augmenté que de 5.000 euros, son fixe passant, lui, de 669.768 à 694.038 euros. Ses "autres éléments de rémunération", eux, n'avaient crû que de 6.176 euros. Signalons cependant un nombre de stock-options triplé, de 10.000 à 30.000.

C'est donc bien en 2011 que la rémunération du CEO de Bekaert a connu une véritable flambée. Le salaire du président de Bekaert, Paul Buysse, est resté quant à lui stable à 500.040 euros. Au total, Bekaert a distribué 1,2 million d'euros de jetons de présence aux membres du conseil d'administration.

Bekaert : mécontents du salaire du patron, les salariés partent en grève

Les travailleurs de Bekaert à Aalter ont débrayé vendredi afin de protester contre le salaire versé au patron du groupe, Bert de Graeve, a annoncé la FGTB. Selon John Debrouwere, secrétaire de la FGTB Metal, le site d'Aalter est à l'arrêt, tandis qu'une assemblée du personnel est en cours à celui d'Ingelmunster. Le site de Bekaert à Zwevegem est lui aussi à l'arrêt, a confirmé Jan Maeseele (CSC).

Les salariés de Zwevegem ont déjà rencontré les responsables locaux et exigent désormais des explications de la direction du groupe.

Un porte-parole de l'entreprise a de son côté confirmé l'arrêt de la production à Aalter, des réunions étant en cours sur les autres sites.

L'augmentation de la rémunération du CEO "est une gifle vis-à-vis de tous les travailleurs de Bekaert", a affirmé le représentant du syndicat socialiste. En février dernier, Bekaert avait annoncé la suppression de 609 emplois.

[UPDATE 1] Bekaert : les salariés de l'ensemble des sites sont rentrés chez eux

Le personnel de l'ensemble des sites de Bekaert est rentré à la maison, a déclaré vendredi midi Jan Maeseele (CSC). Les travailleurs protestent contre l'augmentation salariale accordée en 2011 à l'administrateur délégué du groupe, Bert De Graeve.

Selon le représentant du syndicat chrétien, les salariés d'Aalter, Ingelmunster et Zwevegem ont débrayé et quitté les sites. La direction de Bekaert s'abstient pour l'instant de tout commentaire.

[UPDATE 2] L'équipe du week-end elle aussi à l'arrêt

Les salariés de tous les sites de Bekaert sont rentrés à la maison ce vendredi, avec maintien de leur salaire. L'équipe du week-end se croisera également les bras, elle aussi avec son salaire maintenu, a déclaré Kenneth Blomme (FGTB).

"La direction dit qu'elle comprend la frustration des travailleurs, a indiqué le représentant du syndicat socialiste. On s'attend à ce que la confiance soit restaurée ce dimanche et que le travail reprenne. Mais on verra..."

La journée de mardi devrait par ailleurs se révéler cruciale : "Nous nous attendons à ce que la direction mette sur la table une proposition de plan social répondant à nos exigences financières. S'il y a de l'argent pour augmenter le salaire du patron, il y a également de l'argent pour les travailleurs licenciés !"

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