Affaire Tapie: perquisition au domicile parisien de Christine Lagarde

20/03/13 à 14:28 - Mise à jour à 14:28

Source: Trends-Tendances

Le domicile parisien de la patronne du FMI Christine Lagarde a été perquisitionné mercredi dans l'enquête sur le recours à un arbitrage pour la vente d'Adidas au Crédit Lyonnais, qui avait permis à Bernard Tapie de toucher 285 millions d'euros.

Affaire Tapie: perquisition au domicile parisien de Christine Lagarde

© EPA

Les perquisitions se multiplient dans l'affaire Tapie-Lagarde, à volets multiples. Le domicile parisien de la patronne du FMI a été perquisitionné mercredi dans l'enquête sur le recours à un arbitrage pour la vente d'Adidas au Crédit Lyonnais, qui avait permis à Bernard Tapie d'obtenir 285 millions, a-t-on appris auprès de son avocat.

C'est la Cour de justice de la République (CJR) qui instruit le volet ministériel de l'affaire visant l'ancienne ministre de l'économie, aux affaires à l'époque de cet arbitrage. "Mme Lagarde n'a rien à cacher", a dit son avocat Yves Repiquet à l'AFP qui a précisé que sa cliente n'avait pas été entendue en l'état de l'enquête.

Fin 2007, alors que Nicolas Sarkozy vient d'être élu, Bercy décide de solder cette affaire qui traîne depuis 1993. L'homme d'affaires reproche à la banque à qui il avait confié la vente de l'équipementier sportif Adidas de le lui avoir racheté en sous-main et à bas prix, avant de le revendre beaucoup plus cher.

Après des décisions de justice contestées, le ministère des Finances choisit de faire appel à un tribunal arbitral. Autrement dit, à la justice privée. Or celui-ci condamne en juillet 2008 le Consortium de réalisation" (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d'euros d'indemnités à Bernard Tapie (400 millions avec les intérêts), dont 45 millions à titre de préjudice moral.

De nombreuses perquisitions ont été réalisées récemment dans le volet non ministériel de l'affaire instruit par trois juges, notamment au domicile et au bureau de l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, de l'homme d'affaires Bernard Tapie et de Stéphane Richard, qui était directeur de cabinet de Christine Lagarde au moment de l'arbitrage.

A la fin janvier, les policiers s'étaient rendus aux cabinets de l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, et à celui de Me Gilles August, un des avocats du CDR. Ils ont également perquisitionné les domiciles des trois juges arbitraux ayant soldé le contentieux, en l'occurrence l'avocat Jean-Denis Bredin, le magistrat à la retraite Pierre Estoup et de l'ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud.

Le 25 janvier la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, avait réaffirmé que le choix de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux qui opposait Bernard Tapie au Crédit lyonnais était "la meilleure solution à l'époque".

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