Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/06/11 à 13:10 - Mise à jour à 13:10

PDG, un job à mortalité élevée...

Pour le grand public, être PDG d'une grande entreprise, c'est plutôt sympa. La réalité est évidemment plus nuancée.

Pour le grand public, être PDG d'une grande entreprise, c'est plutôt sympa. Le poste va généralement avec un excellent salaire, un bonus attrayant si les affaires marchent bien. De plus, le PDG voyage pour affaires aux quatre coins de la Terre sur le compte de l'entreprise, et, bien entendu, rentre des notes de frais sans trop devoir se justifier. Voilà en gros la vision de Monsieur et Madame Tout-le-monde sur le métier de patron d'une grande société.

La réalité est évidemment plus nuancée. Notamment par le fait que, ces dernières années, le job de PDG est devenu un job avec un taux de mortalité élevé. Il n'y a qu'à voir le secteur financier belge : après la crise financière de 2008, quasiment tous les grands patrons de banques ont perdu leur poste, soit parce qu'ils sont partis d'eux-mêmes, épuisés, soit, le plus souvent, parce qu'ils ont été remerciés par l'actionnaire.

Cette valse des PDG au niveau mondial, qui avait atteint son zénith pendant la crise, est toutefois en train de se ralentir, si l'on en croit la dernière étude sur le sujet du cabinet Booz & Company. Désormais, la durée de vie moyenne d'un PDG est de 6,6 années, contre huit années dix ans plus tôt ! L'étude de Booz & Company montre aussi qu'un peu de moins de 12 % des 2.500 plus grandes entreprises au monde ont changé de patron en 2010. C'est la première fois depuis 2003 que ce taux de rotation passe sous la barre des 12 %.

Question légitime : pourquoi ce taux de rotation des PDG a-t-il diminué en 2010 ? Réponse : ce n'est pas parce que les PDG ont mieux performé que par le passé, mais parce qu'en 2010, il y a eu très peu de fusions et rachats d'entreprises au niveau mondial, alors que ces fusions et rachats génèrent à elles seules la moitié des départs de patrons.

La deuxième explication, c'est l'arrivée des pays émergents dans le classement des 2.500 plus grandes entreprises mondiales. Or, en Chine, les postes de n° 1 sont plus stables qu'en Occident. Enfin, tout est relatif, comme dirait Einstein : quand le Parti communiste découvre qu'un de ses dirigeants, par exemple, a été corrompu, ce n'est généralement pas le tribunal qui l'attend mais... la pendaison.

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