Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/03/13 à 10:43 - Mise à jour à 10:43

Parachutes dorés : il y a patron et patron

C'est vraiment un coup de tonnerre pour tous les grands patrons de sociétés cotés en Bourse qui s'est produit hier en Suisse. A partir de ce lundi, plus rien ne sera comme avant.

Je rappelle que nos amis suisses étaient appelés ce dimanche à se prononcer sur les rémunérations des patrons de sociétés cotées en bourse. Ils devaient se prononcer notamment sur l'interdiction de mettre en place des indemnités de départ exorbitantes, vous savez ce que ce la presse financière appelle des parachutes dorés. Et les Suisses ont voté contre ces parachutes dorés à 67,9% des voix et qui plus est - tous les cantons ont dit "oui", ce qui est très, très rare.

Ce qui a fait basculer ce vote populaire, c'est la prime de départ de 72 millions de francs suisses (soit 60 millions d'euros), que le conseil d'administration du groupe pharmaceutique Novartis avait prévu pour son futur ex-président Daniel Vasella. Le montant avait choqué toute la Suisse, d'autant que le patron de Novartis avait déjà été pendant des années le patron le mieux payé de ce pays. Et donc, lui payer - en plus - une retraite en or massif de 60 millions d'euros, cela avait choqué et le fait que ce patron ait renoncé plus tard à son parachute doré n'a rien changé au vote de ce dimanche.

Si je dis que cela change la donne pour tous les autres patrons de sociétés cotées en Europe, c'est que le vote des Suisses, qui ne sont pas connus pour être un peuple excessif, va donner des idées à d'autres parlements pour légiférer dans la même voie. En période de crise, voir des patrons de sociétés cotées faire fortune rien qu'en empochant leur indemnité de départ, y compris dans les cas où ils ont raté leur mission, cette indemnité de départ en forme de parachute doré ne passe donc plus auprès des populations qui sont obligées de se serrer la ceinture sans pouvoir compter sur un parachute doré pour leurs vieux jours.

Attention toutefois à l'amalgame, on parle ici d'une petite centaine de patrons en Europe, ceux qui dirigent de grandes sociétés cotées et dont les rémunérations sont hélas, indexées, sur leurs résultats trimestriels, ce qui les transforme souvent en VRP de luxe pour des investisseurs assoiffés de returns immédiats, quel qu'en soit le prix. Les patrons de PME, bref, tous les autres patrons n'ont rien à voir avec ce monde élitiste, et bien souvent, en période de crise, ces patrons de base ne se versent pas de salaire pour ne pas plomber les comptes de leur entreprise, et cela, en attendant des jours meilleurs - de grâce, ne confondons pas les uns avec les autres.

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