Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/09/11 à 11:11 - Mise à jour à 11:11

Oui à l'austérité, mais pas trop

Un président américain à qui l'on demandait quel type d'économiste il souhaitait avoir auprès de lui en tant que conseiller avait répondu : "j'aimerai avoir un économiste manchot, si c'est possible" avant de préciser à son chef de cabinet qui ne comprenait rien à sa réponse, qu'il déplorait le défaut commun aux économistes - et qui consiste toujours à dire, lorsqu'on attend d'eux une conclusion simple, "On one hand, bla bla ; but on the other hand, bla bla bla ...". Et c'est vrai qu'en matière de remède à la crise, les économistes au lieu de nous éclairer ou éclairer nos dirigeants semblent une fois de plus se contredire.

Il y a quelques mois encore, la priorité était à l'austérité budgétaire. Ce qui plombait la croissance, nous disaient les économistes, c'est la dette publique, d'où les programmes d'assainissement adoptés aux Etats-Unis et en Europe. C'est vrai que cet assainissement est bien nécessaire car vu la montagne de dettes, le simple remboursement des intérêts de ces dettes était en train d'étouffer nos économies occidentales.

Aujourd'hui, changement de cap : d'autres économistes disent que nous sommes allés trop loin dans l'austérité surtout face au danger de voir nos économies retomber en récession. Bref, oui à l'austérité, mais pas trop sinon on risque de se retrouver comme la Grèce, çàd un pays qui applique une cure radicale mais dont le résultat immédiat, c'est que son économie a une croissance négative de 5%.

Ca c'est pour la contradiction des économistes. Il y a aussi une injustice bizarre : alors que les Etats-Unis et l'Europe ont grosso modo les mêmes problèmes de chômage et de dette publique, les marchés financiers donnent un avantage aux Etats-Unis qui continuent de se financer à un taux inférieur à 2%, çàd comme l'Allemagne, le meilleur élève de la classe européenne . Comment peut-on expliquer une telle injustice ? La raison est simple, c'est un peu comme cette histoire d'une pièce de théâtre. D'un côté, il y a un américain nu sur scène et de l'autre côté, il y a un européen, qui porte un slip. Malheureusement, il n'y a qu'une lampe de poche, et c'est l'acteur américain qui la tient. Ce que je veux dire par là, c'est que la lampe de poche aujourd'hui, ceux qui la tiennent aujourd'hui sont les analystes financiers, les agences de notation et les médias financiers. Or, ces 3 acteurs sont majoritairement américains ou anglo-saxons. C'est injuste mais c'est comme cela.

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