Une confiance toute relative
jeudi 29 juillet 2010 à 00h00

Nathalie van Ypersele, rédactrice en chef de Trends-Tendances © Photonews
Ce retour récent de la confiance a parfois des conséquences étonnantes. En mai dernier, alors que l'euro était fortement sous pression, le placement d'obligations allemandes n'a pas rencontré de franc succès. L'objectif était de récolter 7 milliards d'euros mais les investisseurs n'y ont souscrit qu'à hauteur de 6,1 milliards. Le bilan, pour une monnaie considérée comme une référence, n'était franchement pas brillant. Or, un mois à peine plus tard, la dette espagnole s'est vendue comme des petits pains. Le trésor espagnol a placé 6 milliards d'euros d'obligations à 10 ans sans aucun souci. L'investissement a même été sursouscrit à plus de 200 %... Une jolie performance pour un pays qu'on disait au bord du gouffre économique.
Il en a été de même la semaine passée pour le Portugal et la Grèce. Certes, les taux offerts sont plus alléchants en Espagne ou en Grèce qu'en Allemagne et on ne peut exclure l'appât du gain des acteurs financiers mais la question de timing semble déterminante. La vente d'obligations espagnoles un mois plus tôt aurait sans doute remporté beaucoup moins de succès, et l'inverse pour les obligations allemandes.
Le pire serait-il donc passé ? La menace d'un éclatement de la zone euro tout à fait oubliée ? La création et la mise sur pied du fonds de stabilisation, à hauteur de 750 milliards d'euros, a certainement joué dans ce sens. La publication des stress tests a également pesé favorablement dans la balance et les valeurs bancaires ont retrouvé quelques couleurs. Plusieurs indicateurs européens sont vraiment encourageants : le dernier indicateur IFO, qui mesure le climat des affaires en Allemagne, était excellent. Tout comme l'indicateur de confiance en France et en Belgique. Le purchasing managers index (PMI), soit l'indicateur de l'activité manufacturière, était également très positif en Allemagne.
Réactions
Pourtant, la deuxième vague de la crise arrive ! Cherche-t-on encore à faire des victimes parmi les gens qui veulent faire confiance ? Ils sont incorrigibles. Ne devrait-on pas exiger qu'on prenne des mesures préventives contre les nouvelles arnaques très prochaines ? Tous responsables mais pas de coupables ou l'inverse.
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