Faillites grecques : une fatalité historique
lundi 31 octobre 2011 à 07h02
L’historien grec Nicolas Bloudanis, vient de publier un livre dénommé : Faillites grecques : une fatalité historique (éditions Xérolas). Interviewé par le journal Libération, cet historien propose une vision décapante de l’histoire grecque moderne, éclairant d’un jour nouveau la crise de la dette publique qui menace la stabilité de la zone euro.
Premier constat, si la Grèce est sous tutelle européenne comme a osé le dire publiquement Sarkozy à la télévision, ce n’est hélas pas la première fois qu’elle se retrouve dans cette situation.
Effectivement, après la faillite de 1893, la Grèce a été mise sous tutelle en 1897 par ses créanciers, soit principalement la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, ce qui a eu un effet positif, même si 10% de sa population a émigré. Espérons que le résultat sera le même cette fois-ci !
Deuxième constat, le traitement de choc qu’infligent à la Grèce depuis deux ans l’Union européenne et le Fonds monétaire international n’est hélas pas adapté à ce pays. Pourquoi ?
La encore, l’historien grec est formel, parce que la structure économique de la Grèce, qui est largement étatisée, s’apparente aux pays d’Europe de l’Est sortant du communisme au début des années 90.
Il faudrait donc plutôt lui appliquer les recettes qu’on a utilisées pour les anciennes «démocraties populaires» en transition, notamment en privatisant les entreprises publiques et en réduisant drastiquement la taille de la fonction publique. Il faut aussi s’attaquer à l’immunité fiscale dont jouissent les professions libérales et l’Eglise orthodoxe. Et donc, comme le dit cet historien, accabler les citoyens de taxes nouvelles, alors même que le système fiscal ne fonctionne que très imparfaitement, ne sert pas à grand-chose sinon à alimenter le sentiment d’injustice sociale pour ceux qui ne peuvent échapper à l’impôt. Et donc, faute d’avoir posé le bon diagnostic, le malade reçoit un traitement inadapté et son état s’aggrave à l’inverse de ce qui se passe en ce moment, par exemple, en Irlande, un pays qui commence à sortir de la crise.
La conclusion serait donc simple : il suffirait de diminuer l’importance de l’Etat en Grèce pour que tout redémarre, non ? Ce n’est pas aussi simple, nous dit cet historien grec, car « il faut bien comprendre que la classe politique ne veut pas d’une remise en cause de cette politique étatiste, car elle permet de se constituer des clientèles politiques. Et d’ajouter qu’en Grèce, on ne vote pas pour des idéologies, on vote pour celui qui vous aidera matériellement. Les partis politiques sont d’ailleurs structurés autour de grandes familles : fils, neveux, protégés restent fidèles à l’ancien parti. Ainsi, on peut trouver au sein d’un parti de gauche, des gens de sensibilité d’extrême droite, mais qui y sont fidèles uniquement par tradition familiale. Comme quoi la sortie de crise pour les Grecs d’aujourd’hui passe aussi par un changement de leur mentalité !
Réactions
Quant à la praticabilité de ces remèdes, c'est possible par des votes démocratiques. quote Raymont, j'ai pas trop l'impression que on a droit à la parole tout est fait à notre insus, puis on doit aller voter, c'est obligé, je vois pas où est la réel démocratie la différence entre une dictature et une pseudo démocratie c'est la dictature : ferme la, et la démoncratie, cause toujours
A part le tourisme il n'y a pas grand chose en Grèce. Un peu de feta,des olives et du vin pas très bon . L'église et les commerçants ne payent pas d'impôts, l'armée est beaucoup trop importante et les armateurs grec sont dans des paradis fiscaux... Donc il n'est pas possible d'appliquer les recettes classiques du libéralisme anglo-saxon.
J’ai une expérience de commerce en Grèce et y ai vécu 2 ans, et je trouve cette analyse parfaite, et les remèdes suggérés très pertinents. Quant à la praticabilité de ces remèdes, c'est possible par des votes démocratiques. Le vote est un moyen bien plus efficace que des contestations populaires qui veulent tout casser pour faire payer les vrais responsables. Et l'Europe doit y aider en imposant un plan Marshall équitable. Qui dans nos organismes européens va s'y employer? C'est aussi urgent pour enrayer le mal grec. La Grèce est un superbe pays, une merveille touristique, avec une population intelligente mais à la mentalité peu citoyenne et égoïste. C'est la mentalité qu'il faut changer, un plan Marshall pourrait y arriver. RayKem
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