Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/06/10 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Notre dette publique en des mains étrangères : attention, danger ?

Ne serait-il pas plus intelligent de favoriser le placement de notre dette publique auprès des Belges, et en particulier des organismes financiers belges ? Voilà typiquement une fausse bonne idée.

Lorsqu'on parle du montant de la dette publique belge, les hommes politiques ont tendance à dire : "N'ayez pas peur car, à l'inverse de la Grèce ou même d'un pays comme l'Espagne, notre dette publique appartient aux Belges. Autrement dit, ce sont les épargnants belges qui financent notre propre dette publique."

Autant le dire, c'est totalement faux. La dette publique belge frôle aujourd'hui les 100 % de notre PIB. Et environ 60 % de cette dette publique est entre les mains des investisseurs étrangers, banques, compagnies d'assurances ou fonds de placement.

Vu comme cela, il y aurait de quoi paniquer. Ne serait-il pas plus intelligent de favoriser le placement de notre dette publique auprès des Belges, et en particulier des organismes financiers belges ? Voilà typiquement une fausse bonne idée.

D'abord, parce que de vraies banques belges, il n'y en a quasiment plus. Ensuite, parce que, du temps de l'ancien ministre des Finances Philippe Maystadt, l'essentiel de notre dette publique était prise ferme par un consortium de banques belges. Or, le même Maystadt a constaté que ces mêmes institutions financières nous faisaient payer cet engagement au prix fort en termes de taux d'intérêt. En réalité, c'est depuis que nous avons mis en concurrence les banques belges avec les banques étrangères que nous avons pu diminuer les taux d'intérêt sur notre dette publique.

Autrement dit, avoir une dette publique détenue à 60 % par des investisseurs étrangers n'est pas en soi une mauvaise chose. Pour le moment, notre pays arrive à emprunter sans aucun problème car notre signature est fiable.

La seule chose qui pourrait faire déraper la qualité de cette signature, c'est le délai nécessaire à la formation du prochain gouvernement. En cas de délai trop important, le coût de la facture est déjà connu : chaque pour cent d'intérêt que nous devrions payer en plus sur notre dette publique, équivaut à 370 millions d'euros de charge supplémentaire pour notre budget annuel. Autant l'éviter, nous avons mieux à faire avec cet argent.

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