Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/07/13 à 09:41 - Mise à jour à 09:41

Non à la taxe de 3 euros sur les billets d'avion!

Jean-Jacques Cloquet, le très dynamique patron de l'aéroport de Charleroi ne décolère pas. Et pour cause ! Alors que son aéroport est un succès sur le plan économique, au point de faire des envieux au nord du pays, la volonté du gouvernement wallon de taxer de 3 euros les billets d'avion n'est pas une bonne nouvelle...

Certainement pas pour Ryanair, qui a déjà menacé de réduire son trafic de 17% si, je cite, " cette taxe autodestructrice est introduite". Et le responsable de la communication de Ryanair a précisé qu'une telle taxe entrainerait une perte de plus de d'un million de passagers et d'au moins 1.000 emplois locaux à Charleroi en 2014 !

Mais il n'y a pas que Ryanair qui a réagi négativement à cette éventuelle taxe de 3 euros sur les billets d'avion. D'autres compagnies comme Jetairfly ou Wizz Air, qui décollent aussi au départ de Charleroi, pensent que cette taxe est un suicide ! Pour ces compagnies, l'impact négatif ne fait aucun doute car des expériences similaires de taxes sur les voyages ont eu lieu dans des pays comme les Pays-Bas ou l'Irlande, et elles se sont soldées par une baisse du trafic. En clair, taxer les voyageurs ne dissuade pas de voyager mais cela motive simplement ces voyageurs et les transporteurs aériens à choisir des destinations alternatives.

De son côté, le gouvernement wallon se défend en disant que même en introduisant cette taxe de 3 euros, qui s'ajouterait donc à la redevance actuelle de 2,20 euros, l'aéroport de Charleroi resterait malgré tout compétitif par rapport à Zaventem qui demande plus de 28 euros !

L'argument est étonnant dans le sens où les passagers de Charleroi sont avant tout des voyageurs qui sont sensibles aux prix. N'oublions pas qu'une bonne partie des voyageurs au départ de Charleroi sont des personnes qui n'ont jamais pris l'avion et donc, cela reviendrait à décourager de voyager les plus démunis. De plus, l'actuel gouvernement a renié sa propre parole dans le sens où deux de ses membres sont même montés au créneau quand le fédéral a voulu en 2009 imposer une taxe de 5 euros ; à l'époque Rudy Demotte et André Antoine avaient dit qu'une telle taxe était un danger pour la fréquentation des aéroports régionaux. Quatre ans plus tard, ils disent le contraire et acceptent une taxe de 3 euros qui (en plus, à l'inverse de la taxe fédérale) ne touche que l'aéroport de Charleroi et de Liège ! Cherchez l'erreur...

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