Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/06/13 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Manipulations des cours de change: les Sherlock Holmes de la Finance vont devoir s'armer de patience

L'agence d'informations financières Bloomberg vient de révéler que des banques londoniennes manipuleraient les cours de change de plus d'une centaine de monnaies.

Si l'affaire est confirmée officiellement, ce serait un scandale de plus pour la place de Londres puisque l'année dernière, la presse financière avait également découvert que le principal taux d'intérêt interbancaire - le fameux Libor - avait également été manipulé par un cartel de grandes banques londoniennes !

Les pratiques de manipulation des cours de change seraient anciennes, au moins depuis 10 ans, selon Bloomberg qui cite d'ailleurs cinq sources bancaires. De son côté, le gendarme financier britannique confirme qu'il a ouvert une enquête après les plaintes de gestionnaires qui estiment que les cours sont manipulés par les banques, notamment en fin d'après-midi à Londres autour de 16 heures. En effet, c'est durant une courte période, une minute, période durant laquelle sont établis ces cours que des banques agiraient pour orienter les prix dans le sens qui leur est favorable.

Pour le moment, il est difficile de dire s'il s'agit d'un acte collectif, autrement dit d'un cartel ou s'il s'agit d'actes isolés ? De même, il faudra voir ces pratiques de manipulation en détail, car autant il est facile de manipuler des devises qui sont moins actives et moins liquides, autant c'est plus difficile à réaliser avec de grandes monnaies comme l'euro ou le dollar !

En attendant, ces révélations jettent le trouble sur le marché des changes, un marché encore plus important que le marché des actions, car c'est le marché le plus vaste au monde avec 4.700 milliards de dollars de transactions par jour ! C'est également un marché très concentré, autrement dit, entre les mains de quelques acteurs, pour la simple raison que pour entrer sur ce marché, cela coûte un porte-avion vu le coût de la technologie liée à la gestion de ce marché !

Mais la tâche des enquêteurs ne sera pas simple à réaliser, car s'il y a un marché difficile à contrôler, c'est bien celui des changes, avec une grande opacité et une décentralisation sur des dizaines de plateformes, les Sherlock Holmes de la Finance vont donc devoir s'armer de patience...

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