Les syndicats sur leurs gardes face à un gouvernement de centre-droite

22/07/14 à 18:20 - Mise à jour à 18:20

Source: Trends-Tendances

(Belga) Les syndicats réagissent de manière timorée à l'annonce de la formation d'un gouvernement fédéral de type "suédois", réunissant la N-VA, le CD&V et l'Open Vld côté néerlandophone, et le MR côté francophone. "Nous formulons beaucoup de craintes et resterons vigilants", a prévenu Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB.

Les syndicats sur leurs gardes face à un gouvernement de centre-droite

Le syndicat socialiste déplore que la N-VA soit "soudainement devenue fréquentable aux yeux du MR", indique Mme Demelenne. Elle s'inquiète de la politique que mènerait un gouvernement orienté à droite pour les travailleurs et les allocataires sociaux. "Monsieur Michel parle de moderniser le marché de l'emploi, il est dommage qu'il ne parle pas plus de moderniser la fiscalité", pointe-t-elle en référence à la lettre envoyée mardi par l'informateur royal Charles Michel (MR) aux électeurs du parti libéral francophone. Anne Demelenne rappelle au futur gouvernement que parmi les partenaires sociaux figurent les syndicats, et que ceux-ci s'opposeront avec force à toute politique d'austérité. Le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) ne se réjouit pas non plus de l'annonce d'une formation entre les tenants d'une coalition suédoise. "Un parti avait dit ne pas vouloir négocier avec la N-VA, il n'a pas tenu parole", dénonce le MOC, tournant le regard vers le MR. Le mouvement craint des mesures socio-économiques mettant en péril les acquis sociaux. "La réforme fiscale ne sera pas budgétairement neutre, nous craignons que ce soient les allocataires sociaux qui paient l'addition." Le syndicat libéral se refuse quant à lui à "poser un jugement a priori", déclare Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB. "Ce ne sont pas les partis qui comptent, mais le programme", commente-t-il, espérant que l'informateur aura tenu compte des remarques formulées par les syndicats lors de leur rencontre. Il admet que certains éléments du programme de la N-VA génèrent des craintes dans le chef des travailleurs, mais souligne qu'un gouvernement de coalition doit de toute façon aboutir à un compromis. Il rappelle également que la CGSLB est sur la même longueur que les deux autres syndicats sur nombre de points, mais qu'elle attend de voir ce qui sera sur la table pour s'exprimer. "Nous nous opposerons au négatif, nous soutiendrons le positif", conclut M. Valentin. (Belga)

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