Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/12/11 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Les soucis de riche du gouvernement belge

Le succès de la dernière émission de bons d'Etat a fait exploser le budget prévu pour le paiement des commissions destinées aux banques qui ont placé ces bons d'Etat auprès de leur clientèle.

Vous souvenez-vous que l'appel aux épargnants belges lancé par le Premier ministre Yves Leterme avait rencontré un immense succès ? Près de 6 milliards d'euros ont été récoltés via les fameux bons d'Etat, qui offraient du 4 % brut sur cinq ans. Ce que l'on sait moins, c'est que le succès de la dernière émission de bons d'Etat a fait exploser le budget prévu pour le paiement des commissions destinées aux banques qui ont placé ces bons d'Etat auprès de leur clientèle. Cette commission s'élève à 1,15 %.

Au final, les commissions que doit payer l'Etat s'élèvent à 64,27 millions, alors que le budget initial prévoyait à peine 2,1 millions. Ceci dit, payer 64 millions sous forme de commissions quand vous récoltez 6 milliards d'euros, c'est un souci de riche, comme dirait l'autre !

Autre nouvelle intéressante pour les épargnants : le socialiste flamand John Crombez, nouveau secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude, veut couper court aux spéculations de ces derniers jours : "Il n'y aura pas de cadastre des fortunes", a-t-il déclaré à la presse. Pas question, en d'autres termes, de créer un registre national dans lequel seraient recensés les biens de tous les ménages belges.

S'il tient ce discours rassurant à l'égard des épargnants, c'est parce que le texte du budget laissait croire qu'on pouvait - effectivement - avoir un cadastre des fortunes. Ce texte prévoit ainsi que seuls les contribuables qui ont donné l'autorisation à leur banque de communiquer leurs données au fisc ne seraient pas soumis automatiquement à l'impôt supplémentaire qui vient frapper les épargnants belges ayant plus de 20.000 euros de revenus mobiliers.

Sur la base de ce texte, il était clair qu'un début de cadastre des fortunes allait se mettre en place, bien que de manière indirecte. John Crombez a cependant voulu rassurer le public : le gouvernement n'ira pas plus loin en la matière. "Il est bien question de taxer les revenus du capital, mais pas les patrimoines eux-mêmes", a-t-il précisé.

Reste à savoir si sa déclaration sera de nature à rassurer tout le monde. Les esprits chagrins diront que, lorsqu'un gouvernement dispose d'une information, il a beau dire qu'il ne l'utilisera pas, la tentation est parfois trop forte.

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