Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/06/13 à 09:57 - Mise à jour à 09:57

Les revenus annexes prennent leur envol!

Les compagnies aériennes traditionnelles s'inspirent de plus en plus du modèle de compagnies low cost comme Ryanair. C'est la raison pour laquelle, elles vous font payer les enregistrements de bagages par exemple. Cette politique leur rapporte 32 milliards de dollars par an, et hélas, cela va encore s'aggraver pour les passagers dans les années à venir !

Les habitués du secteur aérien le savent bien : il est difficile de gagner de l'argent dans ce secteur ! Quand ce n'est pas une épidémie de SRAS en Asie, c'est un volcan qui entre en éruption et bloque les avions au sol, et quand ce n'est pas un volcan, c'est une attaque terroriste, et quand ce n'est pas cela, c'est le prix du kérosène qui flambe ou un printemps arabe qui tétanise les clients. Bref, il y a toujours quelque chose qui vient fausser les prévisions des compagnies aériennes... Il y a même une blague qui circule depuis la nuit du temps : comment faire pour devenir millionnaire en dollars ? C'est simple, il faut d'abord être milliardaire en dollars et puis investir dans l'aviation !

Sauf qu'aujourd'hui, la crise aidant, cette blague ne fait plus sourire les actionnaires... Donc, pour doper les bénéfices des compagnies aériennes, on constate une tendance forte à travers le monde de l'aérien, à savoir, le développement de revenus annexes. Au départ, c'était une stratégie développée uniquement par les compagnies low cost du style Ryanair mais aujourd'hui, même les compagnies aériennes traditionnelles s'y mettent !

Et quand je parle de revenus annexes, je fais évidemment allusion au fait de faire payer les passagers de manière séparée l'enregistrement des bagages, ou un accès au salon, ou un repas à bord, voire même la couverture ou les coussins, sans oublier les tickets de tombola, etc.

Tous ces revenus annexes qui embêtent les passagers représentent aujourd'hui plus de 34 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2012, soit quand même 5% de leurs recettes. Je viens de le dire, la grande nouveauté de ce phénomène, c'est que si le paiement de tous ces petits services faisait surtout partie de l'ADN des compagnies low cost, ces recettes annexes sont plutôt un phénomène récent pour les compagnies traditionnelles.

Il faut dire que le choix n'était pas facile, car certains PDG se demandaient comment aller réagir les clients, mais finalement, avec la crise, les dernières interrogations ont sauté et fait place au réalisme. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui certaines compagnies traditionnelles font également payer l'enregistrement des bagages...

Ces recettes annexes, qui je le rappelle, représentent plus de 20% du chiffre d'affaires de Ryanair sont donc appelées à se développer. Mais encore faut-il que l'informatique des compagnies traditionnelles suive... Pas seulement sur leurs sites internet, mais également auprès des systèmes de réservation utilisés par les agences de voyage. Et ça, c'est une autre paire de manche !

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