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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:23 - Mise à jour à 15:23

Les paradoxes de l'économie d'aujourd'hui

Les Belges restreignent leur budget alimentation et font chauffer leur Visa pour partir en vacances... Comment expliquer un tel paradoxe?

Les paradoxes de l'économie d'aujourd'hui

L'actualité économique est parfois bizarre. Prenons l'exemple du budget voyage des Belges. Cela fait des mois qu'on nous bassine les oreilles avec la hausse des prix, la hausse de la facture mazout ou la baisse du pouvoir d'achat. Et puis, malgré tout cela, l'Association belge des tour-opérateurs annonce que l'appétit des Belges pour les destinations lointaines, et donc chères, n'a jamais été aussi fort qu'en 2008. Il a même augmenté, puisque 80.000 Belges de plus devraient partir en vacances cette année. Et comme ce même Belge va de plus en plus loin chercher son soleil, le budget moyen vacances a lui aussi augmenté.

C'est d'autant plus étonnant qu'à l'inverse le secteur de la distribution alimentaire ne cesse de se plaindre: 2007 a été pour la distribution une année morose, et 2008 n'a pas l'air terrible non plus. Les chiffres montrent que les consommateurs belges dépensent 10% de moins qu'il y a 30 ans dans les magasins.

Le Belge non seulement consacre moins d'argent à son alimentation, mais en plus il a changé son alimentation: les marques de distributeurs style Delhaize ou Carrefour représentent maintenant 27% des parts de marché. Alors comment expliquer ce paradoxe entre des ménages qui gèrent leur caddys au centime près et ces mêmes ménages qui n'hésitent pas à dépenser plus en city-trip ou voyages lointains?

En fait, il y a la réalité des chiffres et puis la perception. La réalité, c'est que selon la Banque nationale de Belgique, une famille moyenne dispose de 2000 euros net de plus qu'il y a deux ans. Mais la perception de la baisse du pouvoir d'achat fait que pour de nombreux Belges, les vacances annuelles sont perçues comme un besoin vital. On ne s'en passe pas volontiers et donc les familles dépensent moins dans les magasins, pour pouvoir dépenser plus en vacances, en essence et en frais scolaires.

Et pour compliquer la chose, il faut savoir que si l'inflation est au plus haut depuis 22 ans, en raison de la hausse des produits alimentaires et de l'énergie, le prix des lecteurs DVD, des imprimantes, des ordinateurs et des logiciels, lui, ne fait que baisser. Peut-être faudra-t-il, comme le suggère le journal L'Echo, remplacer votre petit-déjeuner à base de céréales par un téléviseur grand écran, à moins que ce ne soit la pizza du soir qui devrait être remplacée par un blackberry ou la dernière console de jeux...

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