Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/02/13 à 16:23 - Mise à jour à 16:23

Les leçons à tirer de l'affaire Findus

Après la découverte de viande de cheval dans des lasagnes surgelées au boeuf, la marque Findus, dont la réputation et donc la marque est en danger, se retourne aujourd'hui contre ses fournisseurs. Et vu le nombre d'intermédiaires visés par ce scandale, l'affaire prend une dimension européenne, mais heureusement, la Belgique serait épargnée par cette contrefaçon alimentaire.

Néanmoins et sans préjuger de ce qui va sortir de cette enquête, il y a déjà moyen de tirer quelques leçons de cette affaire, c'est ce qu'a fait le quotidien économique français Les Echos.

La première leçon, c'est que la mondialisation touche aussi le secteur de l'alimentation. L'affaire Findus montre que la mondialisation, ce n'est pas seulement le déplacement des usines en Asie ou l'achat par les consommateurs de Tee-Shirts venus du bout du monde, la mondialisation, c'est aussi et d'abord, l'éclatement et l'allongement des chaînes de production.

La meilleure preuve de cet allongement de la chaîne de production, c'est l'affaire Findus : cette firme a comme fournisseur Comigel à Metz qui lui-même travaille avec Spanghero à Castelnaudary, dont les ordres d'achat sont passés par Chypre et les Pays-Bas pour finalement aboutir en Roumanie.

En fait, pour réaliser des économies, les industriels du monde entier tirent parti de l'informatique pour passer à toute vitesse des contrats avec des fournisseurs au bout du monde. Ces mêmes industriels profitent aussi pleinement des faibles coûts des transports par mer, par air ou par route. Le journal économique Les Echos faisait allusion à un industriel de l'alimentation qui affirmait qu'il avait 300 à 400 fournisseurs dans le monde, des fournisseurs qui lui permettent d'aligner le double de références.

En soi, cette forme de mondialisation n'est pas un problème. Mais à la condition de se souvenir que cette mondialisation a aussi ses inconvénients. D'abord, sur le plan logistique : on a vu après Fukushima, à quel point nos industries européennes dépendaient des composants électroniques japonais. Ensuite, sur le plan écologique : c'est une évidence, mais tous ces containers, avions cargo et les camions qui sillonnent le monde dans tous les sens, laissent une empreinte écologique forte.

Et puis, troisième et dernier inconvénient, sur le plan sanitaire cette fois-ci : la sécurité implique des contrôles qualitatifs permanents, mais comment procéder alors que la multiplication des intermédiaires augmente par définition le risque, c'est l'une des multiples questions qui est aujourd'hui posée par cette triste affaire Findus.

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