Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/04/10 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Les investisseurs jouent à se faire peur

Même pendant les vacances de Pâques, les investisseurs jouent à se faire peur. Et toujours pour la même raison. La situation grecque ne s'améliore pas ! Pire, elle se dégrade de jour en jour. En réalité, les marchés financiers testent les limites de la Grèce, quitte même à précipiter ce pays vers la faillite, ce qui est un jeu extrêmement dangereux.

Même pendant les vacances de Pâques, les investisseurs jouent à se faire peur. Et toujours pour la même raison. La situation grecque ne s'améliore pas ! Pire, elle se dégrade de jour en jour. En réalité, les marchés financiers testent les limites de la Grèce, quitte même à précipiter ce pays vers la faillite, ce qui est un jeu extrêmement dangereux.

Et la preuve que ce scénario ne relève pas de la science fiction, c'est que la Grèce doit aujourd'hui donner quasi 4 % d'intérêt en plus que les Allemands pour placer sa dette auprès des marchés financiers !

Il y a un mois encore, cet écart n'était que de 3% si je puis dire ! Et donc, en quelques semaines, la situation s'est encore détériorée ! Je rappelle qu'il y a dix ans, la Grèce pouvait emprunter quasi au même taux que l'Allemagne. Ce n'est plus le cas aujourd'hui ! En clair, la hausse des taux d'intérêt payés par le gouvernement grec réduit à ZERO tous ses efforts budgétaires, on entre dans une situation de "cavalerie", comme ces personnes endettées qui empruntent uniquement pour payer les intérêts du précédent emprunt ! C'est le début du cercle vicieux !

Et le drame de la Grèce, c'est qu'elle n'est pas seulement victime de l'acharnement des marchés financiers, elle a aussi perdu la confiance de ses citoyens. Le journal anglais, Financial Times, a révélé qu'au cours des deux premiers mois de l'année, les épargnants grecs ont retiré 10 milliards d'euros de leurs comptes pour les mettre à l'abri sur des comptes à l'étranger.

En fait, les épargnants grecs redoutent une intervention du FMI. Pourquoi ? Parce que les Grecs savent que le FMI est un bailleur de fonds très sévère. Son aide financière sera assortie de toute une série de restrictions budgétaires que la Grèce devra IMPERATIVEMENT mettre en place. Autrement dit, la saignée sera forte. Et donc, en bonne logique, les épargnants grecs ont peur que leur gouvernement soit obligé de ponctionner leur épargne et donc, en bons écureuils, ils mettent à l'abri leurs réserves.

Ce mouvement de panique des Grecs n'a évidemment rien fait pour arranger la situation des banques grecques. Pas plus d'ailleurs que celles des banques étrangères qui ont prêté de l'argent à la Grèce. Les banques françaises sont les plus touchées en Europe, mais les banques belges sont également affectées. Les derniers chiffres parlent d'une exposition de l'ordre de 7,5 milliards d'euros. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles les banques européennes ont généralement été secouées en Bourse ces dernières semaines - et voilà pourquoi, tout le monde espère que ce feuilleton grec, presque aussi long qu'un feuilleton mexicain, se termine vite. Très vite.

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