Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/02/14 à 15:11 - Mise à jour à 15:11

Les grincheux annoncent la fin du monde

Ce qui est ironique avec cette crise, c'est que même quand les choses semblent aller mieux, il y a toujours des grincheux pour annoncer la fin du monde. Généralement, ce sont des économistes non académiques ou des férus d'écologie apocalyptique mais qui tous ont en commun d'annoncer... la fin du monde !

L'autre point commun de ces prophètes de malheur, c'est qu'ils sont souvent connus dans leur branche respective, et ils profitent consciemment ou pas de cette notoriété pour nous prévenir que la fin est proche. Si vous en doutez, allez dans une librairie avec un rayon économique un peu fourni et vous verrez que la littérature de fin du monde a du succès en ce moment.

C'est le cas du Français Nicolas Baverez, qui n'arrête pas de signer des ouvrages alarmistes. Le dernier met en scène un directeur général du FMI d'origine béninoise qui arrive à Paris en 2040 et découvre un pays à la marge, prolétarisé, écartelé entre très riches et très pauvres et avec un Etat en faillite,... Bref, pour Nicolas Baverez, voilà ce qui attend la France, si le pays choisit de rester enfermé dans un déni de réalité !

Un autre auteur, Clive Hamilton, lui publie au même moment, un livre intitulé sobrement "Requiem pour l'espèce humaine". Dans ce livre, il examine l'impact d'une hausse de la température de 4 degrés sur l'économie mondiale. Je vous passe les détails, mais la description des pays inondés est horrible. Pourquoi cet auteur, Clive Hamilton, a-t-il rédigé ce livre ? Parce qu'il veut montrer qu'il est déjà trop tard pour empêcher l'évolution du climat et qu'il faut s'y préparer ! Des livres comme cela, il y a plusieurs qui sont sortis récemment, toujours sur la même thématique : la fin du monde approche !

En réalité, alerter est une chose, dramatiser à l'outrance en est une autre. Historiquement, on a toujours constaté qu'après une très grande crise, ce genre de livres avait la cote même quand ils sont mauvais, un peu comme ces mauvais films d'horreur, où le héros au lieu de quitter les lieux, se décide à monter les escaliers de la maison hantée. C'est du mauvais scénario mais cela marche ! En réalité, ces livres ne servent à rien, car bien souvent ils se trompent, on a encore pu le constater avec toutes les prédictions sur la fin de l'euro. Pourtant, en période de crise, ce qu'il faut, c'est d'abord de la confiance comme le faisait remarquer le journal Les Echos à ce propos.

L'idéal c'est de se rappeler ce que disait Martin Luther au 16ème siècle : "Si j'apprenais que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un arbre dans mon jardin". Avec cette superbe phrase, le père de la réforme protestante nous rappelle qu'à défaut d'être tous calés en économie, notre foi collective peut soulever des montagnes.

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