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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/05/12 à 10:19 - Mise à jour à 10:19

Les grands patrons sont-ils trop payés ?

La fiche de paie des grands patrons ne passe plus auprès des actionnaires, ni aux Etats-Unis ni en Europe. Certains commentateurs parlent même d'un "printemps des actionnaires"...

La fiche de paie des grands patrons ne passe plus auprès des actionnaires, ni aux Etats-Unis ni en Europe. Certains commentateurs parlent même d'un "printemps des actionnaires", comme on a parlé d'un "printemps arabe". En d'autres termes, les actionnaires de grandes entreprises privées se révoltent de plus en plus contre les rémunérations des grands patrons, qu'ils jugent excessives au regard de la performance de l'action de l'entreprise.

Premier commentaire : si, dans certaines très grandes entreprises, les salaires peuvent aller de 400.000 euros brut par an à 3 ou 4 millions d'euros brut, il faut bien insister sur le fait que ces montants ne concernent que quelques dizaines de personnes. Le patron normal, si je puis dire, celui qui dirige sa PME, bref, les patrons les plus nombreux ne gagnent pas ces sommes-là. Certaines études parlent d'un salaire moyen de l'ordre de 5.000 euros brut par mois. On est loin des sommes astronomiques précitées.

Deuxième commentaire : cette discussion sur le montant des salaires n'est pas neuve. Elle existe depuis que les salaires des grands patrons sont dévoilés par la presse. Bref, la transparence n'a pas calmé le débat, elle l'a - au contraire - exacerbé.

Et puis, la crise s'est accompagnée d'un cortège de pertes d'emplois, sans oublier les demandes de modération salariale pour l'ensemble de la population. Toutes ces mesures cohabitent mal avec les salaires des grands patrons. Les politiques le savent et jouent parfois la carte du populisme.

En Belgique, par exemple, des voix se sont élevées pour dire qu'il ne faudrait pas qu'un grand patron du service public gagne plus de deux fois ce que gagne le Premier ministre, soit maximum 400.000 euros par an ! C'est évidemment beaucoup d'argent pour le commun des mortels, mais c'est un salaire qui risque de n'attirer aucun grand patron du privé. Des chasseurs de têtes vous diront que le danger, c'est de voir des patrons de deuxième catégorie diriger nos fleurons publics.

Cette modération salariale semble dans l'air du temps. En France, le premier geste du nouveau gouvernement de François Hollande a été de baisser de 30 % le salaire des ministres... en oubliant de dire qu'il y avait davantage de ministres et de secrétaires d'Etat que le gouvernement sortant de Sarkozy. Autrement dit, le coût global pour la collectivité a augmenté mais le public n'aura retenu que le symbole médiatique de la baisse des salaires des nouveaux ministres.

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