Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/12/12 à 11:45 - Mise à jour à 11:45

Les grandes évolutions sont silencieuses

Peu de gens ont prêté attention à ce que vient d'écrire l'Agence internationale de l'énergie. Cette agence nous annonce que d'ici quelques années, les Etats-Unis seront auto-suffisants en matière énergétique. En clair, ils n'auront plus besoin d'importer du pétrole !

C'est une révolution parce que cette autosuffisance des Américains pose des questions vitales. Vont-ils encore consacrer une partie de leur budget militaire à sécuriser les routes maritimes par lesquelles passe le précieux pétrole ? Vont-ils encore soutenir les monarchies pétrolières, lorsqu'ils seront indépendants énergétiquement ?

Si c'est le cas, cela voudrait dire que les Etats-Unis tourneraient le dos à la doctrine Carter. L'ancien président des Etats-Unis avait clairement indiqué que son pays n'hésiterait pas à employer la force pour sécuriser l'approvisionnement de son pays en pétrole. La question taraude les experts, car elle aura un impact sur ce qui se passe en Iran et également en Israël.

Comme le faisait remarquer le journal Les Echos, même les Chinois se posent la question : eux, n'ont d'autres choix que de continuer à importer du pétrole pour faire tourner leurs usines. Les Etats-Unis vont-ils continuer à jouer les mercenaires pour les besoins d'une puissance rivale ? Si oui, que vont-ils demander aux Chinois en échange ?

Quant à Europe, doit-elle compter sur son vieil allié ou doit-elle, au contraire, miser sur son indépendance énergétique, via les économies d'énergie ou même en ouvrant le débat sur l'exploitation du gaz de schiste ? Pour le moment, ce débat est interdit par les partis écolo - notamment en France qui possède des gisements importants de gaz de schiste - parce que l'exploitation de ce gaz est très dommageable pour l'environnement. En réalité, comme me le faisait remarquer un financier parisien, la position des Ecolos français ne tiendrait pas plus de 10 minutes politiquement s'il n'y avait , "le lobbying discret d'un pays exportateur de gaz comme la Russie qui n'a pas envie de perdre une bonne partie de sa rente".

Nos partenaires