Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/02/13 à 10:42 - Mise à jour à 10:42

Les grandes entreprises, de vrais écureuils!

Ce qui est "épatant" avec cette crise, c'est qu'elle se passe au milieu d'un océan d'argent, d'une mer de liquidités. Les derniers chiffres, le montrent : aux Etats-Unis, les 500 plus grandes entreprises sont assises sur une montagne de cash de l'ordre de 1.000 milliards de dollars.

En Europe, ce n'est pas mal, non plus, l'indice boursier qui regroupe les 600 plus grandes entreprises en Bourse, fait état d'une montagne de cash de 360 milliards d'euros. Même en Belgique, une entreprise comme Solvay est assise sur 1,7 milliard d'euros de liquidités. Là encore, on se frotte les yeux face à un tel montant. Depuis que la crise a éclaté, les grandes entreprises se sont transformées en écureuils !

Et si les grandes entreprises sont à ce point frileuses pour garder autant de cash sur leurs comptes au lieu de l'investir, c'est en raison du passé. Depuis l'année 2008, les entreprises sont littéralement tétanisées, c'est la raison pour laquelle, elles ont accumulé autant de liquidités. Avec les craintes de faillites bancaires et la peur de ne pas pouvoir emprunter auprès des banques à hauteur de leurs besoins, ces grandes entreprises ont préféré garder de côté toutes ces liquidités pour se prémunir contre tout problème de trésorerie à court terme.

Ok, direz-vous, c'est compréhensible quand on était en 2007 ou 2008, voire même en 2009, en pleine crise bancaire, mais aujourd'hui est-ce encore raisonnable d'accumuler autant de cash, alors que l'économie a besoin de cet argent pour tourner ? C'est bien entendu la bonne question, et il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, les grandes entreprises sont toujours tétanisées, elles ne savent toujours pas quoi faire de leur argent. Soit elles investissent dans les pays à forte croissance, c'est-à-dire dans les pays émergents, soit elles rachètent des concurrents qui ont été soldés par la crise, soit elles augmentent leurs dividendes pour faire plaisir à leurs actionnaires et les motiver à garder l'action de l'entreprise, voire à en racheter. Donc, face à ces alternatives, le mot d'ordre des grandes entreprises européennes pour le moment pourrait se résumer à un simple slogan : "il est urgent d'attendre". Dommage, car des tiroirs-caisses n'ont jamais dopé une économie.

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